‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 55 sur 539 · Anonyme, XVIÏ · texte numérisé non relu

Anonyme, XVIÏ

6. Joh. IV, 489-501 (curieuse description du cavalier byzantin) ; Bell. Vand., p. 448, et Strategika, I, 2, p. 20-23.

7. Anon., XXXII, 6, 7 ; XXXV, 4. Les Strategika, Xll, 8, p. 303-305, distinguent la grosse infanterie des (jxouxaxot et Tinfantcrie légère. Sur la cavalerie légère

( cursores, anlecessores),cf, ibid., I, 3, p. 28-29.

secondaire, et d'ailleurs ils ne semblent point avoir constitué un effertif fort important.

On conçoit qu'une armée ainsi équipée ne fût point très mobile et que Tinfanterie en particulier se déplaçât avec quelque lenteur: aussi s'accommodait-elle mieux de la défensive que de Toffensive; et, par un trait assez significatif, les livres de tactique de l'époque se préoccupent beaucoup moins de Tattaque à fournir que des moyens de se protéger contre les assauts deTennemi. D'autre part, les changements introduits dans Tarmement des troupes avaient fait perdre aux armées byzantines du vie siècle quelque chose de leur solidité. Depuis qnvi fantassins et cavaliers étaient tous pourvus de l'arc, l'archer était devenu le roi des batailles * : et, malgré les critiques sévères de certains écrivains militaires du temps *, c'est de ce coté qu'était dirigée toute l'instruction des hommes. On leur apprenait à manier l'arc, indifféremment à pied et à cheval, à se servir de leurs armes de manière à tirer tout à la fois juste* fort et vite; on se flattait d'obtenir des flèches une puissance de pénétration suffisante pour percer facilement boucliers et cuirasses*; mais, malgré ces perfectionnements ingénieux, ceux-là peut-être n'avaient pas tort, qui craignaient de voir aitéror par là les anciennes qualités militaires du soldat romain. Habituées en effet à combattre surtout à distance, les troupes commençaient à redouter le contact direct de l'adversaire; pour tirer bon parti de Tinfanteri» byzantine, il était devenu essentiel de la couvrir contre les charges de la cavalerie ennemie*; il fallait devant son front disposer des pieux et des chevaux de frise, renforcer par des machines les an "-les de ses carrés, surtout Tabriter le plus possible der-

1, BeiL Pers,, 1, 14; I, 18; Bell, Goth., 1,22. Surtout Bell. Pevs., 1, 1, p. 11-13. a BelL Pers., I, p. U, 12-13.

3. M, p. 12-13. 11 existe un traité dpécial du vi« siècle Tispi xo^îa; (Kôchly et Rtlatow, /. c, p. 198-209) et Jâhns, Gesch. der Kriegwissenschaft, Munich. ISSy, p. 151; cf. Strategika, I, 1, p. 18-19.

4. Voir le traité d'Urbicius qui date du vi« siècle; Stralegika, Xll, 8, p. 366- 368* CrJAhns, /. c, p. 141-142.

LA PACIFICATION DE LAFRÏQUE PAR SOLOMON r,5

rière des fortifications, où elle pouvait avec sang-froid faire usage de ses armes. On voit en quel étal d'infériorité des troupes de cette sorte, peu mobiles à la fois et peu solides, se trouvaient devant les charges furieuses des légers escadrons berbères. Fort heureusement la cavalerie byzantine valait beaucoup mieux que l'infanterie : en fait, c'est elle qui assurera le succès des guerres africaines, comme elle avait déjà fait celui de l'expédition vandale.

L'écrivain anonyme du vi* siècle, auquel j'emprunte ces détails, ne nous renseigne pas moins curieusement sur la tactique * de son temps. Dans ce traité, où sont résumées avec un tour assez personnel les traditions militaires de l'époque', rien absolument n'est laissé à Timprévu* : en toute circonstance le général, nourri de ces préceptes, sait avec une précision méticuleuse quel parti il devra prendre. Il apprend comment il réglera la marche de ses troupes, selon qu'elles s'avancent en plaine ou dans un terrain escarpé ou boisé ^; comment il traversera un défilé ou franchira un fleuve *; suivant quels principes il organisera sonservice d'éclaireursetdegrand'garde*; comment il fera manœuvrer ses troupes ou disposera son camp**. Il apprend d'après quelles règles immuables — ce que le traité appelle rot7.ovoi;.{a xoXsjjlsj'' — il devra engager et conduire la bataille : et ici surtout, l'auteur anonyme guide son général comme par la main. Il prescrit le terrain qu'il faudra choisir pour combattre, il dit les mouvements tactiques qu'on devra opérer, il indique comment on rangera les lignes si l'ennemi

1. Il est publié et traduit dans Kôchly et RQstow, /. c. Cf. J&hos, /. c, p. 146 seq.

2. « Ce n*est point, dit l*auteur des Slraiegika, cooiine le croient des gens iLiexpédmentés, parTaudace et la masse des soldats que les guerres réussissent, mais par la protection de Dieu, Vordre et la tactique» {Strateg., VU, 1, p. 135).

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