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en face des chameaux furieux, les chevaux se dérobent ou se cabrent \ elles fantassins, sortant de leur abri, s'élancent sur les cataphractaires démontés ou rompus, tandis que les Berbères, descendant des hauteurs, viennent par leurs charges achever la déroute.
Pour compléter ces indications, il ne sera point superflu peut-être de résumer le tableau de quelqu'une de ces grandes batailles africaines, tel que Corippus Ta tracé dans son poème. Sans doute il y aurait quelque témérité à chercher dans les vers de la Johannide un rapport pleinement fidèle et parfaitement exact, tel qu'au lendemain du combat le peut faire un général victorieux. Assurément, les grands coups d'épée des héros byzantins, les duels magnifiques où les injures alternent avec les passes d'armes appartiennent à l'arsenal de procédés ordinaire aux faiseurs d'épopée. Mais si les détails sont de pure invention poétique, la physionomie générale de la bataille est bien rendue et rigoureusement vraie : la plupart des traits s'en pourraient découvrir isolés dans Procope; dans Corippus ils se trouvent rassemblés et groupés le plus heureusement du monde pour nous faire saisir au vif ce qu'était la tactique indigène.
Voici par exemple une surprise de cavalerie '. A l'approche de Tarmée byzantine, les Maures ont gagné le sommet des collines, dissimulés derrière un rideau de forêts où flambent de larges incendies. L'avant-garde grecque, chargée d'explorer le terrain et de reconnaître les positions de l'ennemi, s'engage dans la plaine : alors quelques cavaliers indigènes descendent des hauteurs, et, poussant de grands cris, lancent leurs chevaux au galop vers les lignes de l'adversaire ; et peu à peu des masses de cavalerie plus profondes débouchent sur le terrain, sans paraître pourtant rechercher la bataille. A cette vue, les troupes byzantines s'arrêtent, prêtes à se replier sur le principal corps d'armée : mais alors de toutes parts les esca-