‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 66 sur 539 · Id., p · texte numérisé non relu

Id., p

4. On obtient ce total de la façon suivante. Au moment du soulèvement militaire de 536, c^est-à-dire après les pertes de la campagne de 534-535, les forces byzantines se décomposent ainsi : 8,000 hommes insurgés avec Stotzas (fîeZ/.Fand.,p.475),2,000 en garnison à Carthage (»d.,p. 475-476), plus les troupes détachées enNumidie (id.,p. 474-475, 481)« formant environ 3,000 hommes, plus les garnisons des autres villes {id., p. 4S3), dont on peut déterminer à peu près le chiffre. En 537, en effet, Germanos constate que les insurgés, grossis des troupes de Numidie, comprennent les deux tiers de Tancienne armée d* Afrique : on obtient ainsi, pour les garnisons demeurées fidèles, en y comprenant celle de Carthage, environ 5,500 hommes. Cela fait un total de 16,500 hommes, qaon peut pousser à 18,000 pour le début de la campagne de

5. L'emplacement est inconnu. Pourtant la même plaine est mentionnée dans Corippus (/o^., VU, 283), et la ville de MaiipLtjç est nommée parmi celles que Jttstinien fortifia (Proc, Aed., 342). Elle était au milieu d'une plaine entourée de hantes montagnes (Bell. Vand., p. 453). On verra plus bas qu'il faut la chercher sans doute entre Sbiba et Kairouan.

sans raison — assez démoralisée par les premiers succès de l'insurrection *, les indigènes se crurent de force à accepter la bataille ; et formant avec leurs chameaux un vaste camp circulaire, confié à la défense de Tinfanterie, plaçant en réserve sur les hauteurs une bonne part de leur cavalerie, ils attendirent Tattaque. Solomon avait trop peu de troupes pour assaillir sur toutes ses faces Ténorme retranchement; de plus il ne voulait point s'engager entre Tennemi et le pied de la montagne, craignant — et à juste titre — d'exposer son flanc ou ses derrières à la charge des escadrons berbères. Il jugea donc préférable d'essayer^ par un assaut vigoureux, de rompre sur un point les lignes de ses adversaires, espérant bien qu'un premier succès suffirait à déterminer la déroute ; et avec toute sa cavalerie il se porta en avant. Mais à la vue des chameaux, les chevaux de l'armée byzantine s'affolèrent, le désordre se mit dans les rangs, et l'infanterie maure, sortant de ses abris, commençait le massacre, lorsque Solomon, sautant à bas de cheval, ordonna à son monde de mettras pied à terre. Â Tabri de leurs grands boucliers, les lignes grecques se reformèrent, tandis que le général, à la tête de cinq cents hommes d'élite, s'élançait l'épée à la main sur les chameaux qui formaient l'obstacle ; plus de deux cents de ces bêtes tombèrent^ le camp était forcé. Alors, abandonnant leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux, les Berbères épouvantés prirent la fuite sans résister davantage, poursuivis jusqu'au pied des montagnes par la cavalerie byzantine. Ils laissaient, s'il en faut croire Procope ', dix mille morts sur le terrain : quoi qu'il faille penser de ce chiffre, probablement fort exagéré, tout au moins un énorme butin tomba aux mains du vainqueur.

Après un succès aussi complet qu'inespéré, on devait s'attendre à voir l'armée byzantine pousser ses avantages : au lieu de cela, Solomon rentra tout droitàCarthage». Croyait-il que

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