‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 70 sur 539 · Bell. Vand,, p · texte numérisé non relu

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6. 7d., p. 465. L'Abigas est en effet l'Oued Bou Rougal qui coule dans la plaine de Bagai.

lirait à terminer la guerre*, il se mit en route avec une colonne de cavalerie assez nombreuse, mais approvisionnée pour quelques jours seulement ^ On s'aperçut bientôt de l'erreur commise : pendant toute une semaine, par des chemins difficiles, la colonne marcha sans pouvoir joindre l'ennemi ; à mesure que les Byzantins avançaient, les montagnards se dérobaient devant eux, se contentant de multiplier sur leur route les difficultés, mais sans consentir jamais à accepter le combat*. Par les auxiliaires indigènes qui servaient dans l'armée grecque, labdas était d'ailleurs fort exactement informé de la situation de ses adversaires; il savait que leurs vivres diminuaient, que la famine allait les obliger aune prompte retraite^: aussi les laissa-t-il, sans bouger, se déployer trois jours de suite en ordre de bataille ; il n'avait garde de renouveler l'imprudence qui avait coûté si cher aux tribus de la Byzacène. Absolument déconcertés par cette méthode nouvelle pour eux, les Byzantins commencèrent à se décourager, bientôt à s'inquiéter : dans ce pays malaisé, ils avaient pour seuls guides leurs alliés berbères ; ne risquaient-ils point d*ètre trahis par eux et jetés en quelque embuscade? Pour encourager le zèle de ces auxiliaires, Solomon ne leur avait pas ménagé l'argent*; mais, au vrai, ces gens ne rendaient aucun bon service, n*apportant, lorsqu'on les envoyait en éclaireurs, nul renseignement précis, retardant la marche des troupes plus qu'ils ne la guidaient, peut-être même s'entendant avec labdas et lui faisant chaque jour passer de précieux renseignements. £t les soldats, pleins de défiance à l'égard de ces alliés qu'ils ne connaissaient pas, se répétaient que les Maures étaient une race perfide, qu'il fallait de leur part s'attendre à tout dans une expédition dirigée contre leurs frères^; d'ailleurs, les

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vivres manquaient, la mauvaise saison était venue ^ Solomon lui-même, inquiet, découragé, comprit qu'il fallait battre en retraite ; en toute hâte on regagna la plaine. L'expédition avait échoué*.

Ce n'était là, dans la pensée de Solomon, qu'un échec passager, qu'il comptait bien réparer dès le prochain printemps^ Aussi, à peine rentré à Carthage, s'occupa-t-il à préparer une nouvelle expédition : mais la campagne précédente lui avait servi de leçon : il sentait que^ pour soumettre l'Aurès, il fallait autre chose qu'une simple colonne volante; surtout, il comprenait quel danger il y avait à employer des auxiliaires berbères, et en conséquence, il organisait ses armements, de manière à se passer de ce périlleux concours*. Tout à la fois, il déployait une activité prodigieuse pour assurer la sécurité du vaste gouvernement qui lui était confié. En même temps qu'il envoyait une escadre et un corps de troupes rétablir la paix en Sardaigne\ il se préoccupait d'organiser solidement la défense de la Numidie byzantine. Dès la fin de 535, au retour de l'expédition de l'Aurès, il avait laissé un important détachement en garnison dans la province*; mais, malgré cette augmentalion du corps d'occupation, la frontière demeurait ouverte aux razzias des Berbères. Solomon la ferma par la construction d'une série de citadelles. Sur toute la lisière méridionale de cette région, parallèlement au tracé de la grande route de Carthage à Constantine, s'éleva une barrière de places fortes redoutables, destinées à renforcer et à relier entre eux les quelques postes déjà construits par les ordres de Bélisaire. De cette époque datent incontestablement, pour citer les principaux seulement, la redoute de ïagoura^ le curieux château

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