BelL Vand,y p
fortune, avec Procope son conseiller et cinq personnes de sa suite, il s'embarqua furlivement, et traversant le golfe, gagna la petite ville de Missua^
L'insurrection triomphait : pourtant les soldats craignirent de rester à Carthage, où quelques troupes, revenues de leur stupeur de la veille, semblaient vouloir demeurer fidèles à l'empereur', et quittant la ville, ils allèrent rejoindre, dans les plaines de Bulla Regia, le reste des révoltés *. Là ils mirent à leur tète un officier subalterne, Stotzas, jadis attaché à la personne d'un des lieutenants de Bélisaire % et appelant à eux tous les mécontents, ils formèrent bien vite une redoutable armée. A leur voix, en effet, tout ce qui restait encore de la nation vandale se jeta dans l'insurrection' ; les esclaves, comptant bien profiter du grand bouleversement qui se préparait, accoururent en masse au camp des séditieux*; les grands chefs numides — et parmi eux labdas et Orthaias, maintenant réconciliés — promirent l'appui de leurs troupes, ravis d'une aventure qui ruinait les projets de Solomon et semblait présager la chute prochaine de la domination impériale mème\ Stotzas, en effet, ne cachait pas son intention de chasser de l'Afrique tous ceux qui restaient fidèles à Justinien et de constituera son profit une souveraineté indépendante*. Et dans ce but, avec ses huit mille hommes de troupes régulières et ses innombrables alliés, il marchait sur Carthage, persuadé qu'il occuperait sans coup férir la capitale de son futur royaume.
Mais Solomon, tout eu fuyant, n'avait point perdu son sangfroid. Avant de s'embarquer, il avait eu le temps de s'entendre avec Théodore de Cappadoce^ auquel il laissa pleins pou-
i. BeU. Vand., p. 474.