Cf. Beli. Vand., p
de sa résistance, ceux-ci n'imaginèrent rien de mieux que de détourner vers les retranchements romains les eaux de TAbigas (OuedBou Rougal), transformant ainsi toute la plaine en un marais impraticable'. Fort heureusement, Solomon vint à temps dégager son avant-garde, assez empêchée de la position où elle était placée, et poursuivant les indigènes qui n'avaient eu garde de l'attendre, il leur infligea au pied même de FÂurès une sérieuse défaite*. labdas comprit alors qu'il fallait en revenir à son ancienne tactique, et se retirant vers les régions les plus hautes et les plus difficiles de la montagne, il s*efforca d'attirer à sa suite Tarmée byzantine*. Mais Solomon, instruit par Texpérience, refusa de prêter à cette manœuvre; au lieu de chercher péniblement à joindre le roi berbère, il se mit à ravager méthodiquement les riches plaines qui s'étendent au nord de TÂurès, brûlant les moissons, dévastant les campagnes : il comptait bien, en les frappant ainsi au point sensible, inspirer aux tribus une salutaire terreur\ Puis avec une colonne bien équipée, il se lança à la poursuite dlabdas. Rapidement il enleva la forteresse deZerbula%puis il se porta au cœur même de la montagne^ et trouva l'ennemi établi dans une position presque inaccessible, « défendue de toutes parts par des précipices et couverte par des rochers taillés à pic »*. On vit bien dans cette circonstance combien avait changé l'esprit de l'armée byzantine : malgré les lenteurs et les difficultés du siège, malgré la pénurie des vivres, malgré la nécessité où Ton était réduit de rationner l'eau aux
4. BelLVand,, p. 494-495. Cf. Masqueray, Bull.Corr, afr,, I, p. 278-279; III, p. 103-105, où Ton trouve de curieuses légendes berbères gardant le souvenir de cet épisode.