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LE DAR-FOUR

Pour compléter Texposé de la question dont nous avons entrepris Fexamen, il nous reste à parler des progrès qu'a faits, depuis quelques années, la domination égyptienne dans les régions qui limitent à l'ouest son étroit territoire.

La conquête du Dar-Four par les troupes égyptiennes est depuis lons^mps un fait accompli. Brahim, fils du sultan Mohammed ben Hassin, Sui avait régné 35 ans, prit, au printemps 1873» i direction des affaires. À l'automne de l'année suivante, il essuyait, du fait de Ziber pacha, la défaite de Ménoouatchi, à trois iournées de marche au sud de Fâcher. Son oncle, le prince Hasseballah, se jetait, avec ce qui lui resxait de forces, dans le massif montajgneux de Manâ et cherchait, dans cette position, défensive par excellence, inabordable de tous côtés, à maintenir aussi longtemps que possible l'indépendance de son pays.

Pendant que l'intelligent gouverneur général du Soudan égyptien, Ismaïl pacha Ayab, gagnait à sa cause, par ses sages et énergiques mesures, les habitants des provinces de 1 est et

de Fâcher, Taudacieux Ziber pacha s avançait sans hésitation dans le massif central et établissait son quartier général à Toria, capitale historique du royaume, dont il faisait sa base d'opération. Peu de temps après, le frère aîné du roi déchu, le prince Àbderrhaman, faisait sa soumission au vainoueur et, dès les premiers jours de 1875, le Khéaive pouvait être avisé que Hasserballah, le dernier défenseur de Tindépen- .. dance nationale, s'était volontairement rendu à la raison du plus fort.

Ces événements politiques précités n'avaient

Sas permis au D' Nachtigal, venant du Ouadaï, e parcourir en tous sens le Dar-Four ; il avait dû se borner à le traverser de l'est à l'ouest et à recueillir sur son passage quelques renseignements généraux qui, malgré leur insuffisance, jettent cependant un nouveau jour sur ce pays,

3ue sa récente annexion à la vice-royauté place ans de toutes nouvelles conditions.

Jusqu'au récent voyage du D' Nachtigal, le Dar-Four était un pajs peu connu. Durant les dernières années du siècle écoulé, Browne avait visité cette contrée; mais, arrivé par le nord, il s'était contenté de voir Kobé et Fâcher et n'avait pu recueillir que peu de renseignements.

Dans la suite, un musulman distingué, le cheik Mohammed el Founsi, faisait pronter, au Caire, le monde géographique des nombreuses connaissances qu'un long séjour dans le Dar-Four

lui avait permis d'acquérir ; la science doit aussi témoigner sa reconnaissance au sultan Teima, l'ancien résident de Tarfer, au Kordofan, avant que cette province fût acquise àTÉgypte. Plus tard, un Français, le D' Cuny, résida longtemps dans le pays. Notre malheureux compagnon succomba a la fièvre, et sa mort fut si rapide que l'on crut longtemps à un empoisonnement; ses papiers, soigneusement recueillis après sa mort parle sultan Hassin et enfermés dans des coffrets, furent malheureusement commis à la garde d'un fonctionnaire peu soucieux, de telle sorte que lorsqu'on voulut les envoyer en Egypte, il se trouva que les coffrets étaient vides.

A l'ouest du Dar-Four se trouve le royaume du Wadaï ou Ouadaï ; une seule route de caravane relie Abech à Fâcher. A trois journées de marche d' Abech se trouve le puits de Bir-Touil, résidence du gouverneur du district de l'est, chargé de recueillir l'impôt que paient les caravanes et de leur fournir une sauvegarde ou une escorte pour les protéger contrôles fractions indépenaantes des Massalat, hordes sauvages et

S illardes qui battent la zone séparant le Dar-Four u Ouadai.

Avec Kab-Kabra, on atteint le pied du Djebel- Marrà, massif à partir duquel le pays s'étend en

176 l'afrioue centïule

(267 met.) au-dessus du niveau de la mer, Âbech doit porter celle de 1,500 (500 toèt.), et Tîneal celle de 2,300 (767 met.). Le point culminant du pays, le Qjebel-Marrà, atteindrait environ 3,500 pieds (1,167 met.).

Le aésir du D' Nachtigal de parcourir les parties sud et sud-ouest du Dar-Four, dut être aban» donné, en présence du fanatisme religieux et politique de la population, qui ne voulait voir dans le voyageur qu'un espion à la solde du gouvernement égyptien.

Le Djebel-Marrâ, qui occupe la partie centrale du Dar-Four, mesure, du nord au sud, une étendue d'environ quatre journées de marche, et de l'est à l'ouest, deux journées et demie. De ce massif s'échappent, dans les directions du sud et de l'ouest, une quantité innombrable de cours d'eau, dont auelques-uns d'une certaine importance : l'Ouaai-Gentil, rOuadi-Boulboul,rOuad^ el-Kô, auxquels le pays doit toute sa valeur et toute sa fertilité. Par suite de cette disposition hydrographique, le nord et l'est sont beaucoup moins fertiles que le sud, le sud-ouest et l'ouest. Au nord, le sol est rocailleux et sablonneux. A l'est on ne rencontre que des sables. Par contre, on trouve, au sud, au sud-oue^t et à l'ouest, de nombreuses vallées avec une excellente terre végétale.

La population et la culture "se répartissent conformément à l'aspect du territoire. Le centre.

l'ouest, le sud-ouest et le sud ont une population très-dense, tandis que dans l'est et le nord elle est rare et clair-semée.

Les céréales, une rareté dans l'Afrique centrale, viennent à merveille dans les districts montagneux. Le sorgho, les oignons, le poivre, les arbres fruitiers sont également cultivés et réussissent fort bien. Dans les districts du nord et de l'est, les arbres fruitiers et les légumes sont ea grande souffrance.

Tandis que l'ouest, le sud-ouest, le sud et le sud-est sont riches en bestiaux, chèvres et moutons qui ont une fort belle apparence et qui sont bien supérieurs à ceux du Ouadaï et du Bornou, le nord et l'est s'adonnent de préférence à l'élevage du chameau. Le voisinage de l'Egypte et les nécessités des transactions commerciales donnent à ces animaux une valeur beaucoup plus considérable gue celle qui leur est attribuée dans le Ouadai.

L'histoire du pajrs est plongée dans des ténèbres oui n'ont pu jusqu'à présent être dissipés que d une manière fort incomplète. On ne commence à se rendre un compte exact des événements qu'à dater de l'avènement du roi Soliman- Solon, qui refoula les Dadso-Timdeur (habitants du Djebel-Marrâ) dans leurs montagnes, affermit l'autorité royale et introduisit ou établit l'islamisme dans le pays. Son règne dura 41 ans (1506-1637). Son petit-fils, Ahmed-Bokr, fit de la

religion de Mahomet, qui n'était encore que celle des castes privilégiées, la religion de la nation. Son glorieux règne eut une durée de 40 ans (1732), et il étendit sa souveraineté jusQue sur les bords du Nil. Après lui vint le fils de Mohammed-Dama qui, dès son avènement au trône, fit assassiner deux de ses frères. Ce monstre régna dix ans. Abder-Rohman, un prince éclairé, qui mourut en 1799, fit de Tendeiti ^ la résidence officielle du souverain du pays. Ce fut sous son règne que TAnglais Browne visita le Dar-Four. Sous leprince Mohammed-el-Tadhl, oui mourut en 1839, le Dar-Four perdit le Kordofan. La longue lutte qui s'était élevée entre le Dar-Four et le Ouadaï, se terminait également vers cette époque par Tavénement au trône de ce dernier pa^s du prince fugitif Mohammed, chérLf des Abassides. Le troisième de ses fils, Mohammed-Hamon, lui succéda et mourut, après un* règne de 25 ans, lors de l'arrivée de Nachtigal dans le Ouadaï. Son petit-fils, Brahim, prit sa succession; ce prince, par son imprudence, attira sur lui la colère du gouvernement égyptien. L'expédition dirigée par le Khédive fut fatale à l'indépendance du Dar-Four, qui expira avec son souverain sur le champ de bataille de Ménoouatchi.

1 C*est Tancien nom de Fâcher.

Après la conquête, il restait à reconnaître le pays et les routes qui v conduisent.

Le colonel Pardy fut chargé d'explorer tout le pays entre Dongola et El-Fach ou Fâcher, capitale du Dar-Four, tandis qu'une autre expédition, sous les ordres du colonel Colston, se dirigeait plus au sud vers El-Obéid, dans le Kordofan.

Le Moniteur Egyptien du 7 juillet 1875 donne un récit du chef d'état -major Stone sur la marche de Purdy.

Au sortir de Dongola, on traverse, pendant une journée et demie, un pays aride et dépourvu de végétation, puis on arrive dans la large vallée de rOuadi-Mhal, dont les eaux, durant la saison des pluies, se déversent dans le Nil près d'Abou- Gor. Sur la route entre l'Ouadi-Mhal et Mathoul, on ne rencontre que trois puits d'une profondeur de douze pieds, dont deux seulement lournissent de l'eau potable. De Mathoul on suit, pendant une longne journée de marche, la vallée de rOuadi-Mhal jusqu'à El-Hammadieh. Malgré leur profondeur de douze pieds, les trois puits

Ju'on y trouve fournissent, pendant la saison es chaleurs, de l'eau en si minime quantité, que le colonel fit creuser cinq. nouveaux puits, afin de pouvoir alimenter les troupes de passage.

A El-Hammadieh, la route quitte la vallée du fleuve, court vers Test et suit le pied du Djebel- Aïn, sorte de plateau, dont rélévation moyenne au-dessus de la plaine est d'environ 90 mètres. Après trois iournées de marche à travers la

5 laine, on atteint Aïn-Hamid, où Ton trouve ans un ravin trois crosses sources qui remplissoat d'une eau excellente un vaste réservoir. Au delà de Aïn-Hamid, la route descend de nouveau sur rOuadi-Mhal; il faut deux heures pour atteindre sa rive orientale, puis on suit cette rive pendant trois journées pour arriver aux puits de Baggarieh. — Dans les douze puits qui existent là. Peau s'élève à une profondeur de vingt pieds. — A une heure au delà de Bagga* rieh, on trouve douze nouveaux puits, mais peu abondants. A trois journées de baggarieh, sur la rive ouest de l'Ouadi-Mhal, on rencontre le village de Om-Bedi, le premier situé sur la route. — Les 4,000 habitants de ce village sont des Arabes Hamaï, dont une partie est établie ici et l'autre dans le Kordofan. Malgré la grande

Quantité d'eau, les habitants ne s'adonnent pas u tout à la culture ; ce sont d'adroits chasseurs et ils possèdent d'immenses troupeaux. Le colonel Purdy estime la quantité de bétail qu'ils possèdent à 30,000 chameaux, 2,000 chevaux, autant de bœufs et une quantité innombrable de moutons et de chèvres. Chaque homme de la tribu est armé d'un fusil à deux coups, d'une

lance et d'un sabre. — Pendant la saison des

Sluies, ces Arabes demeurent à Om-Bedi, mais s quittent ensuite le village pour aller, avec leurs bestiaux, à la recherche de pâturages. Près de Om-Bedi on trouve, dans une sorte de basfond, 504 cuits d'une profondeur de vingt pieds. — ^ A une journée de Om-Bedi, on rencontre le Djebel-Zerrah, où il existe également des puits, mais qui, pour le moment, sont d'un accès difficile. — Après deux petites marches, on atteint Kamak, station sur la route d'Obeïd à El-Fach, où on peut remarquer un ancien puits creusé dans le roc et d'une profondeur de 75 mètres. A deux heures au delà se trouve le puits de Botab, qui donne fort peu d'eau. — Après une marche de Quatre Jours , pendant laquelle le colonel Puray avait successivement visité les puits d'El-Abîad (31) et d'Areout (35), il arrivait a El-Fach ou Fâcher, capitale du Dar-Four.

La ville de Tendelti-el-Fach est bâtie sur deux collines de sable, contre lesquelles s'étend un lac ou réservoir. Chaque année ce réservoir se rem-

Slit, pendant la saison des pluies, au moyen 'une petite rivière qui vient du nord. On construit alors sur ce petit cours d'eau un barrage qui capte les eaux et en remplit le réservoir. — Cette provision d'eau suffit pendant toute l'année à la population de la ville. — Pendant sept mois, elle se maintient à une certaine hauteur; mais pendant la dernière période de la saison

chaude, on est obligé de creuser de petits puits dsDBlftlitderétang. — Le colonel Purdy constata aue le climat d*Ël-Fach est très-sain et a^éable, même au plus fbri de la chaleur, et, d après lui, préférable à celui dtt (kjxe. — Les solaats égyptiens s'y portaient très-bîe»; ceux du Soudan, par contre, le supportaient moû^ aisément.

Un service postal entre le Caire et El-Fach a été établi et demande 35 jours ; mais, lorsque la nouvelle route, reconnue par le colonel Purdy, aura été déclarée officielle, la durée du voyage sera réduite à 25 jours.

B'eLi^TèsVAugsburgischeAllgemeine Zeitung, le colonel Colston serait au Caire, revenu de son expédition dans un parfait état de santé.

Linet Purdy-Bey, continuant son œuvre d'exploration dans le Dar-Four, a relevé topographiquement tout le pays et entrepi'is au sud une excursion jusqu'à la frontière du Dar-Fertit et aux célèbres mines de cuivre de Hoffarat-el- Nahas.

11 convient également de relater ici le voyage entrepris par Ernest Marnô, de Ladô, au Makraka.

Par l'intermédiaire du consul américain Hansal, en résidence à Khartoum^ le colonel Gordon avait fait demander à la Société de géographie de Vienne un naturaliste autrichien qu il désirait s'adjoindre dans son expédition aux sources du Nil.

Ernest Marnô, déjà connu par ses voyages dans le Soudan, se déclara disposé à remplir cette mission. Quarante-deux jours après son départ de Vienne, U arrivait à Kfaartoum, où il fut très-bien reçu par lelëkir du colonel Gordon et où il se munit de tous les objets nécessaires à un long voyage. Une navigation de 310 heures ramenait le 31 décembre à Xadô, quartier général de Gordon. — Gondokoro ou Ismaïlia avait, en effet, dû être abandonné, le bras principal du Bahr-el-Djebel s' étant, dans les vinçt dernières années, complètement éloigné de la rive escarpée sur laquelle est assise Gondokoro, pour s'étendre .vers l'ouest. 11 en est résulté que Gondokoro, n'étant plus baigné que par un chcyr ou bras secon- .daire, est devenu inhabitable par suite des miasmes qui émanent des eaux stagnantes.

L'espérance qu'avait Mamô de continuer son voyage jusqu'aux grands lacs fut bientôt déçue. Le colonel Gordon lui témoigna beaucoup de mauvaise volonté et alla jusqu'à lui refuser les ;porteurs et les soldats d'escorte, si bien que le voyageur autrichien fut forcé de retourner à Kharthoum, où il fut assez heureux pour pou- .voir s'adjoindre au voyage que le colonel Long allait entreprendre de Ladô au Makraka.

Partis le 31 janvier 1875 de Ladô, les voyageurs atteignaient, le 18 février, en se maintenant constamment dans la direction de l'ouest, .Seriba - Fodol - Allas , leur point eltrême. Le

14 mars, ils revenaient à leur point de départ. Les résultats géographiques de cette tournée ne pouvaient ffuère être remarquables, le pays ayant déjà été parcouru par de nombreux voya-

feurs (Morlang, 1859; De Bono, Peney, 1861; dherick, 1968), Marnô et Lonç se sont contentés de reconnaître une nouvelle route située plus au sud que celles déjà suivies.

Lorsque, partis de Zanzibar, le capitaine Speke et le capitaine Grant (aujourd'hui colonel) eurent visité, pour la seconde fois, en 1862, le Victoria Nyanza, Speke adressa, des bords du Nil, à Sir Roderick Murchison, président de la Société royale de géographie de Londres, le fameux télégramme • The Ntl is settled • , c'est-à-dire • le problème du Nil est résolu. • Cette hardiesse, que ne motivait pas une exploration suffisamment complète, a, depuis, bien souvent encouru le blâme et la critique. Le voyageur était cependant dans le vrai et les explorations postérieures, plus spécialement les dernières, sont venues donner à la question des sources du Nil, question agitée depuis tant de siècles, une solution entièrement conforme à l'opinion de Speke.

Désireuse de reconnaître la réalité de l'existence d'une vaste mer intérieure dans la partie orientale de l'Afrique équatoriale, sur laquelle la carte établie sur renseignements par les missionnaires Dahardt et Rebmann (Mombas) appelait l'attention du monde savant, la Société de

géographie de Londres confia au capitaine Bur- U)n et au lieutenant Speke le soin d'élucider cette question.

Le 14 février 1858, les deux voyageurs partis de Zanzibar arrivaient à Wjiji, sur les rives orientales du Tanganyka, le parcouraient en partie et pouvaient s'assurer aue, malgré son étendue considérable, il était loin d'avoir les dimensions que les missionnaires lui attribuaient.

Au retour. Speke faisait seul une pointe d'Ounvam-Yembe vers le nord, et touchait, le 3u juin 1858, à la rive méridionale de TOukereou, que la carte confondait en un seul lac avec le Tanganyka. Speke entendit alors parler d'un affluent septentrional de l'Oukereou, et il ne • douta pas un seul instant de Tidentité de ce cours d'eau avec le Nil. Pour donner suite à ses explorations, il entreprit cette fois, avec le capitaine Grant, un second voyaçe de découvres. Les voyageurs allèrent de Zanzibar, par rOunjra-Yembé, jusqu'à l'Oukereou, lon-

fèrent sa rive occidentale et arrivèrent, en 1862, Ouroudogani, sur le Sommerset, et remontèrent ce cours d'eau jusqu'à sa sortie du lac. — Lors de leur retour, ils perdirent à Ouroudogani, le cours du Sommerset, ne le retrouvèrent qu'à M'rouli et suivirent sa vallée jusqu'aux chutes de Karuma, puis l'abandonnèrent de nouveau pour tomber a Doufilé, sur le Bahi-el-

Djebel. D'après les renseignements recueillis, le Sommerset devait prendre, à partir des chutes de Karuma, une direction ouest et apporter le tribut de ses eaux à un lac nomme le Luta- Nzigé ou Albert Mivamza, auquel le Bahi-cd- Djebel aurait servi d écoulement.

A leur arrivée à Gondokoro (1863), ils trouvèrent Sir Samuel Baker; ils lui communi* quèrent les renseignements recueillis par eux» et cet homme énergique et entreprenant se mit aussitôt, accompagne de sa fidèle compagne, à la recherche du Luita-Nzigé. Il atteignit le Sommerset un peu au-dessous des chutes de Karuma, le remonta jusqu'à ces chutes, le franchit et arriva, par l'Ounyovo (mars 18i84), à Vacovia, sur la rive orientale du Louta-Nzigé ou Nivoutan, comme il entendit qu'on l'appâait. En suivant dans un canot la rive du lac et en se dirigeant vers le nord, il arriva à Magoungo, trouva fembouchure du Sommerset et le remonta jusqu'à la grande cataracte, qui est à moitié route -environ entre le Nivoutan et les chutes de Karuma. Croyant apercevoir, de Magoungo, le point ou le Nil Blanc sort du lac, et cette observation étant en concordance avec les renseignements ()ui lui avaient été fournis par Speke, il jugea inutile de se rendre sur les lieux pour veriler l'exactitude de ses suppositions. Baker atbîbuait au Nivoutan une étendue vers le sud beaucoup plus considérable que celle qu'il a en réalité et

qui lui était attribuée par Speke. En 1872, lorsûu'il conquit, pour le compte du Rouvemement e|;3rptien, les régions baignées parle cours supéneur du Nil Blanc, il revit TOunyovo et entendit dire aux indigènes que le Nivoutan communi-

Înait, par son extrémité méridionale, avec le an^^yka. Le capitaine Burton avait eu, lui aussi, cette manière de voir, et considérait, par suite, le Tanganyka comme faisant partie du bassin du Nil ; de plus, il ne voyait pas dans le Yictona-N^anza, comme le voulait speke, une nappe amtinue, mais seulement une série de lagunes.

En 1867-1868, Livingstone découvrait, à l'ouest du Tanganvka, le cours du Loualaba; il crut «voir trouva les sources du Nil; mais, en décembre 1871, il pnt s'assurer, en compagnie de Stanley, aue le Tanganyka n'avait pas d'écoulement vers le Mioustan; puis, le lieutenant Gameron, comme nous l'avons vu, trouva, en 1874, sur la rive occidentale du Tanganyka, le Loukouga, trait d'union de ce lac avec le Loualaba, qui, d'après les découvertes de Stanley, est lui-même un tributaire du Gonffo.

Cette découverte ae Gameron établissait péremptoirement la séparation complète entre le Tanganyka et le bassin du Nil. Le colonel Long, dans un voyage d'exploration, sur lequel nous reviendrons, démontrait que le Sommerset reliait le Nivoutan et l'Oukéréoué. En 1875, Stanley

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