P. Monceaux, o/;. cit., p. 57 sq
L’AFRIQUE CHRÉTIENNE AU IVe SIÈCLE. 17
La formation des jeunes Africains ne s’arrêtait pas avec l’enseignement secondaire. Vers l’âge de dixhuit ans on se rendait dans une Université. Les grandes écoles ne manquaient pas ét malgré les incontestables avantages que possédait Carthage, l’Afrique ressemblait assez, au point de vue pédagogique, à l’Italie de la Renaissance ou à l’Allemagne contemporaine. La centralisation ne s’était guère affirmée dans cette direction et des villes provinciales possédaient des écoles renommées et des maîtres illustres. Cirta et Thébeste en étaient pourvues. Apulée et Capella se formèrent à Madaure, Arnobe professait à Sicca, Apulée à Oea, Sévère 1 à Leptis. Les Maurétanies étaient moins bien partagées, mais l’Afrique propre et la Numidie possédèrent depuis le temps des Antonins jusqu’à l’invasion des Vandales un corps professoral distingué, éminent même, et rompu aux méthodes en honneur dans ce temps. Néanmoins Carthage donnait à toute formation intellectuelle et littéraire une consécration suprême ; surtout depuis que la ville, par son importance, pouvait rivaliser avec Antioche ou Alexandrie, et avec Rome même. C’est à Carthage que les hautes intelligences et les talents qui ont servi et illustré l’Eglise d’Afrique sont venus chercher cette estampille qu’on ne comprend bien que par la comparaison avec la déférence quasi superstitieuse qu’on témoigne en Angleterre à VOxfordman. Tertullien, Cyprien, Augustin, Lactance avaient passé par là et durent certainement quelque chose de leur crédit sur de fort solides esprits à ce brevet universitaire de Carthage. « Est-il une gloire plus grande et plus certaine que de vanter Carthage ?de-