Op. cit., II
2. Vita sancti Fulgentii, 21-23,; S. FRl'MBNCE, Ad Trasimemun regem, 1,1-3.
Depuis qu’ils ont occupé l’Afrique, ils prennent des bains tous les jours, et garnissent leurs tables de ce que la terre et la mer produisent de plus délicat et de plus recherché ; l’or brille sur leurs habits tissus de soie et qu’on nomme sériques, ils passent leur temps aux théâtres, aux cirques, à d’autres divertissements, et surtout à la chasse; on trouve aussi chez eux force danseurs, force mimes et tout ce qu’il peut y avoir chez les hommes de flatteur pour les oreilles et les yeux ; la plupart d’entre eux demeurent dans des jardins bien arrosés et bien plantés; ils se traitent souvent les uns les autres, ils ont des intrigues d’amour, voilà leur grande affaire 1 . » Sidoine Apollinaire a heureusement saisi ce trait de l'influence délétère exercée par la civilisation africaine sur les conquérants. 11 met les paroles suivantes sur les lèvres de Carthage s’adressant à Rome : « Ne crains pas que la bravoure du brigand — Geiserich — m’ait rendue inaccessible : la vie voluptueuse de son peuple a tué toute sa vigueur; il voudrait bien encore avoir sa férocité scythique, mais il n’est plus fait pour elle. Le luxe lui ayant enlevé la force dont il était doué tant qu’il fut pauvre, il s’arme maintenant de mes entrailles contre moi ; et depuis ce grand nombre d’années que
1. Procope, De bello f'andalico, I, 5; I, 16; De aedificiis, VI, 6. Ou continua à s’amuser à la romaine, même à l’époque vandale. L'Anthologie nous montre qu’on parlait encore à cette époque des « verts » et des « bleus », u. 293, 306, 312, 324, 327, 328, 336 ; on y trouve mentionnés l’amphithéâtre, u. 346, 373; une pantomime, 310; une mime, 386: une psallria, 361, 362. Cf. L. Schmidt, op. cil., p. 195, Die Kultur im afrikanischen U 'andalenrciclie ; pour les châtiments à la romaine, ibid., p. 178. Les changements de noms de villes; ainsi Hadrumèle s’appela llonoriopolis en l’honneur de Ilunérich, cf. M vvsi, Mil, 648, concile de
je suis sa prisonnière, il me déchire en maître, mais c’est avec mes propres vertus. Ingénieuse à me créer des peines, j’enfante moi-môme ceux qui me font souffrir. Il ne fait plus rien par ses propres armes; mais, tout lâche qu’il est, et quoiqu’il ne se connaisse plus au fera cause de ses richesses en or, les Gétules le craignent, de même que les Numides, les Garamantes, les Autololes, les Arzuges, les Marmarides, les Psylles et les Nasamons ». 1 Ces paroles furent écrites en 458, c’est-à-dire lorsqu’on ne faisait encore que pressentir la dissolution morale qui viendrait à bout de la force des compagnons de Geiserich. Dans les derniers mois de sa vie, celui-ci, soit fatigue, soit pressentiment de sa fin prochaine et désir de laisser son royaume en paix, fit cession de presque toute la Sicile à Odoacre moyennant le paiement d’un tribut annuel 2 .
Sous le règne de Hunérich, son fils (470-484), nous voyons l’affaiblissement devenir assez sensible pour entraîner le roi vandale à des protestations et des concessions bien inattendues : « Une ambassade amenée par Alexandre avait été envoyée en Afrique avec l’approbation de Placidie ; elle arriva à Carthage l’an 479. Les ambassadeurs déclarèrent, dit Malchus 3, que leur roi Hunérich désirait, sans arrière-
1. Sidoine Apollinaire, In paneg.Majoriani, vs., 327 sq. cf. I.. Marcus, op. cit., p. 222 sq., : c. iv : Étal social et politique îles Maures lors de l'arrivée des J ondules en Afrique, relations de ces deux nations entre elles.
2. Victor de Vite, op. cit., 1, 4. Il ne s’était réservé que le promontoire et le fort de Lil y bée qu’il occupait depuis 443, cf. Paschasinus Lilgbaeus ad Leonem paparn (entre janvier-juin 443). Krusch, Studien zur cliristlich-mittelalterlichen Chronologie, 1880, p. 100, 247 sq. Sur ces possessions de Sicile, cf. C. I. L., t. X, n. 7022, 7233, et I.. Schmidt, op. cil., p. 118, note 2.