Victor de Vite, op. cit.. II
« Le roi m’ordonne de vous apprendre ce qui suit. L’empereur Zénon et très noble Placidie nous ont écrit par Alexandre, vir illustris, qu’ils souhaitaient de nous voir accorder un évêque à l’Eglise de Carthage. Sa Majesté y consent, l’ordonne et le mande à l’empereur par l’ambassade. Suivant leur désir, vous choisirez tel évêque qui vous plaira, à condition que l’empereur autorise que les évêques de la religion du roi soient ordonnés en terre d’empire. Sa Majesté veut que les évêques de sa religion résidant à Constantinople et dans les autres pays d’Orient, aient liberté de prêcher en telle langue que bon leur semblera dans les églises, et d'y représenter les mystères du christianisme comme ils l’entendront. Telle est en effet la licence qu’il vous accorde pour l’Afrique, où vous pourrez avoir des oratoires, célébrer la messe et faire toutes choses comme vous l’entendrez. Si l’empereur refuse cette liberté en Orient à ceux de noire religion, Sa Majesté songe à exiler chez les Maures non seulement l’évêque de Carthage qui va être élu, mais tout le clergé d’Afrique sans exception ». Les gens de sens rassis voyant le piège eussent voulu qu’on maintînt le statu quo, mais le peuple, tout à la nouveauté d’avoir un évêque et de procéder à une élection, hurlait de joie; il fallut en passer par son caprice et un saint homme, nommé Eugène, fut élu 1 . Qua*nd on vit enfin un évêque, et un évêque sur son trône, jeunes et vieux furent pris d’une sorte de délire, raconte Victor de Vile 2 : jeunes gens et jeunes fdles n’avaient jamais vu rien de pareil et les vieillards bénissaient Dieu de leur
1. Ibid.., II. 2. 11 mourut eu 505 à Albi : Cf. Grégoire de Tours, Ilia. Francorum, II, 3.