‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 121 sur 245 · Procope, De bello Vandalico, p · texte numérisé non relu

Procope, De bello Vandalico, p

et de maître, les boutiques restèrent ouvertes comme à l’ordinaire, et les soldats, achetant au marché les vivres dont ils avaient besoin, demeurèrent en absolue tranquillité b » Bélisaire entra dans le palais de Gélimer et, au nom de l’empereur, s’assit sur le trône du roi vandale ; le soir, il invita l’état-major à manger le dîner d’apparat préparé par les cuisiniers de Gélimer pour célébrer le retour triomphant de leur maître 2.

L’effet moral de la prise et de l’occupation de Carthage était considérable, ses conséquences stratégiques ne l’étaient pas moins. On travailla à mettre la ville en état de défense et bientôt elle offrit un aspect qui parut aux tribus Berbères assez imposant pour les décider à se séparer des Vandales. C’était leur politique traditionnelle de se déclarer pour l’envahisseur jusqu’au moment où la situation de celui-ci devenue redoutable, ils commençaient à l’attaquer. Bélisaire, qui ne pouvait pas ignorer cette politique d’une naïveté enfantine, ne laissa pas de tirer parti de l’appoint que lui apportait l’alliance des tribus dont les représentants lui arrivaient de la Byzacène, de la Numidie et même des Maurétanies. Il se montra extrêmement conciliant et d’une munificence séduisante ; il s’assura ainsi sinon du concours du moins de la neutralité des indigènes.

Pendant ce temps Gélimer avait reconstitué une sorte d’armée et repris la route de Carthage. Bélisaire prit son temps et le battit à Tricamarum, à 30 kilomètres de Carthage (mi-décembre 533). Ce fut une déroute et la débâcle finale. Le royaume vandale n’existait plus, l’Afrique byzantine commençait.

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