‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 122 sur 245 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

Du moins le croyait-on et le disait-on. Dès le mois de décembre 533, Justinien proclamait que « toute la Libye était réunie à l’Empire 1 », et en avril 534, après la victoire de Tricamarum, il annonçait que « Dieu, par sa miséricorde, venait de remettre entre ses mains l’Afrique et toutes ses provinces 2 ». Dès cette époque l’empereur prenait une série de mesures tendant à la réorganisation complète, administrative, financière, militaire de ses nouvelles provinces. Le récit en a été fait avec une précision et une exactitude qui ne laissent rien à ajouter3; nous n’avons d’ailleurs à nous préoccuper de cette réorganisation que dans la mesure où elle peut nous éclairer sur l’état de l’Afrique chrétienne.

Et tout d’abord il importe de se rappeler que la transmission du royaume vandale aux Byzantins n’atteignait pas, il s’en faut de beaucoup, toutes les Eglises africaines. Pendant le règne des successeurs de Geiserich les tribus Berbères, principalement les indigènes du nord de l’Aurès, étaient parvenues à s’affranchir complètement de la domination des rois vandales et s’étaient empressées d’effacer partout où ils l’avaient pu toute trace de la civilisation romaine. Thamugadi fut détruite, Bagaï était déserte quand s’y présentèrent les soldats de Justinien.

Ce qui appartenait aux Byzantins était donc bien loin d’être « l’Afrique et toutes ses provinces ». La campagne de Bélisaire avait entraîné l’occupation de la Proconsulaire tout entière et d’une grande partie de la Byzacène ; il semble que l’occupation se soit étendue jusqu’à Thelepte et Capsa et aux fron-

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