Ibid., p
5. Nous ne devons pas nous excuser de cette longue citation, sa longueur même démontre l’impossibilité de l'omettre.
6. Du moins les primats de ces trois provinces sont seuls nommés dans l’intitulé de la lettre au pape.
où ne parvenait point la domination grecque aient pu malaisément quitter leurs diocèses pour se rendre à Carthage. Certes on peut admettre, comme une hypothèse très vraisemblable, que le clergé de la Tripolitaine, où le nombre des sièges épiscopaux était peu considérable, s’est réuni en général à celui de la province voisine de Byzacène \ les évêques de la côte des Syrtes siègent en effet à Carthage au commencement du vne siècle encore2; mais pour les Maurétanies on ne saurait se contenter d'une telle explication. Sous le règne de Justinien, pas une mention n’est faite du clergé de ces provinces; elles ne figurent point aux assemblées de 534 ni de 550; elles ne sont point représentées au concile œcuménique de 553, l’empereur ne semble pas même se douter de leur existence 3 4. Assurément des communautés chrétiennes subsistaient dans ces contrées, soit dans les villes de la côte soumise aux Byzantins, soit même dans l’intérieur du pays 1 ; mais probablement elles étaient d’une part beaucoup moins nombreuses maintenant qu’au temps peu éloigné encore où, en 484, la Sitifienne comptait quarantequatre sièges épiscopaux et la Césarienne cent vingtsix 5. D’autre part, dès 525 « la dure nécessité de la guerre » les empêchait d’envoyer au concile de Carthage plus d’un représentant6; à plus forte raison doivent-elles, pendant le règne de Justinien, avoir
1. C'est l’hypothèse de Morcelli, op. cil., t. I, p. 4445; cf. Toulotte, op. cit., p. 61-62.