Labre, op. cit., t. IV, col
vécu fort repliées sur elles-mêmes ; en tout cas nous n’avons pour cette époque gardé nul souvenir de relations entretenues par elles avec l’Église africaine. En fait, l’Afrique chrétienne que nous connaissons à ce moment se limite aux trois provinces de Proconsulaire, Numidie et Byzacène, cette dernière probablement s’accroissant de la Tripolitaine. A la vérité, vers le milieu du vie siècle, ce domaine paraît s’être un peu étendu, et la propagande chrétienne a atteint les oasis situées au sud de la région des Syrtes 1 ; sans doute aussi, un peu plus tard, la Césarienne a été entamée 2 ; des conversions importantes y ont rétabli ou accru le prestige de l’Église, et, au commencement du vne siècle, les évêques des trois Maurétanies sont revenus prendre place aux conciles de Carthage3 4. Néanmoins dans ces régions lointaines les circonstances ont fini par modifier les divisions ecclésiastiques; en 646, il n’y a plus qu’une province unique de Maurétanie, ayant, suivant les anciennes traditions de l’Église africaine, le plus ancien de ses évêques pour chef et pour primat 5.
Quoi qu’il en soit, sous le règne de Justinien, l’Église africaine semble avoir compris les provinces suivantes :
1° La Tripolitaine, où nous trouvons, comme en 484, cinq sièges épiscopaux seulement : Leptis Magna, Oea, Sabrata, Girba (dans l’ile de Djerba) et Tacape 5.
2° La Byzacène qui, en 484, avait cent quinze
1. Procope, De aedificiis (édit, de Bonn), p. 333, 334, 335, 337.