‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 146 sur 245 · Novelle XXXVII · texte numérisé non relu

Novelle XXXVII

rien attendre. L’édit de 535 déclarait les Juifs, au même titre que les Ariens, les Païens et les Donatistes, inhabiles aux fonctions publiques et leur interdisait la possession d’esclaves chrétiens. On tenta, paraît-il, de procurer la conversion des Juifs de Borion ' par des moyens qui n’avaient rien d’aposLolique ; on a d’autant plus lieu d’en être surpris que ces procédés, que rien n’excuse, étaient mis en œuvre pour procurer de tels néophytes. Peu de temps après, le diacre Ferrand, de Carthage, insérait dans sa collection canonique plusieurs décrets des conciles ayant rapport aux Juifs et Judaïsants1 2. Constatant l’inutilité de tous les efforts, l’empereur Maurice se relâchera un peu de la sévérité des lois, interdira les conversions forcées et l’érection de nouvelles synagogues tout en restituant les anciennes 3. La rigueur avait produit toutefois un effet utile. Les Juifs, ne pouvant s’accommoder de la situation amoindrie qui leur était faite, quittaient peu à peu l’Afrique pour se répandre parmi les tribus indigènes. Leur départ avait pour conséquence la disparition d’un élément de corruption morale et de dissolution sociale dans la province impériale d’Afrique.

L’intervention de Justinien dans les affaires de l’Eglise en Afrique comme dans le reste de l’empire était le résultat d’un dessein prémédité de reconsti-

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