Ibid., p. 396, cf. Facuivdus, Dcfensio, IV
cains ne se pressèrent pas d’y obtempérer. La guerre, qui renaissait de temps en temps dans ce malheureux pays, rattaché depuis quelques années seulement à l’Empire, ne permettait pas de réunir le grand concile national dans lequel l’Église africaine avait coutume de se prononcer sur les questions importantes. L’évêque de Carthage fit sans doute une réponse dilatoire, qui se sera perdue. Un autre évêque, Pontianus, écrivit de son côté à l’empereur une lettre que nous avons encore ' ; il approuve Justinien d’avoir conformé sa foi à l’enseignement du siège apostolique : c’est ainsi, dit-il, que l’on parvient à ne pas s’égarer; mais il blâme l’idée de condamner des morts et il exprime la crainte que cette condamnation ne profite aux hérétiques eutychéens. Cette lettre nous donne déjà une idée de ce que l’on pensait en Afrique. L’édit impérial était rejeté, et, pour ainsi faire, on était heureux de se ranger derrière le pape 1 2. »
Pontianus avait eu comme le pressentiment des malheurs que l’édit des T/'ois Chapitres allait précipiter sur l’Afrique, lorsque dans sa lettre à l’empereur il lui disait « qu’en voulant condamner les morts on pourrait être entraîner à faire périr bien des vivants3 ». Le clergé romain, en l’absence du pape Vigile, n’avait pas laissé passer la réponse de l’évêque Pontianus sans comprendre l’appoint
1. Hardouin. Concilia, t. III, p. 1. Peut-fitre ce Pontianus doit-il être identifié avec PévOque de Thenae du même nom dans la Vita Futgentii,
2. L. DUCHESNE, op. cit., p. 397 sq. Ibid., p. 377 : « En Afrique, bien qu'on n’y eût pris qu’une part indirecte aux controverses sur l'Incarnation, dans toute l’Italie, en Gaule, en Espagne, l’œuvre de Chalcédoine était considérée comme sacrée. »