‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 155 sur 245 · P. L., t. LXVII, col · texte numérisé non relu

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qu’elle lui valait; aussi le célèbre diacre Pélage et son collègue Anatole résolurent de brusquer l’alliance qu’on leur laissait espérer. Ils écrivirent au diacre Ferrand de Carthage. « Ferrand était un saint homme et un théologien consommé ; il avait, en particulier, beaucoup médité sur le problème de l’Incarnation, si souvent agité depuis deux siècles. On le consultait de tous côtés, comme l’oracle de la science et de la tradition. Pélage, bien entendu, avait sa conviction faite, et les arguments de Ferrand lui étaient connus d’avance. Mais il était habile d’obtenir d’un tel homme une déclaration publique et motivée. Ferrand ne se fit pas trop prier. Nous avons encore sa réponse 1 , empreinte des mêmes sentiments que celle de Pontianus 2. » Toutefois, il spécifiait qu’il parlait en son nom personnel; mais la restriction était de pure forme, car Ferrand était, qu’il le voulût ou non, le porte-parole de l’épiscopat africain lequel profita du séjour du pape Vigile en Sicile pendant l’hiver de 545-546, pour le supplier de ne point se prêter à la condamnation des Trois Chapitres 3. Ces démarches n’avaient rien de clandestin et l’on savait à Rome comme à Constantinople à quoi s’en tenir sur les sentiments de l’Église d’Afrique.

Celle-ci était, au moment où la dispute entrait dans la période aiguë, représentée à Constantinople par quelques prélats parmi lesquels Facundus, évêque d’IIermiane, en Byzacène, en qui semblait revivre quelque chose des passions intellectuelles et de la fougue littéraire du Tertullien des meilleurs

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