‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 156 sur 245 · Facundus, Defensio, IV · texte numérisé non relu

Facundus, Defensio, IV

jours. « C’était, dit M. Diehl 1 , un fort savant homme, d’une redoutable érudition théologique; il connaissait assez le grec pour saisir tous les détails du problème qui se posait, et il était assez intelligent pour en comprendre toute la portée. Il avait vu par quelles surprises et sous quelles pressions les patriarches orientaux avaient été amenés à mettre leurs noms au bas de l’édit impérial2, et sa foi intransigeante s’indignait de leur faiblesse. Défenseur passionné de la tradition catholique, il n’admettait point qu’on touchât, si peu que ce fût, au concile de Chalcédoine, et son inquiète ardeur, sa violence presque fanatique ne pouvaient excuser une transaction ni en admettre l’utilité. Pamphlétaire hardi, vigoureux, habile, sans crainte pour lui-même et sans ménagements pour ses adversaires, il n’hésita pas à se jeter dans la lutte; et comme il connaissait admirablement tous les côtés, grands ou petits, religieux ou politiques, de l’affaire, il se mit à préparer à l’intention de Justinien un traité considérable en douze livres, où il devait défendre les Trois Chapitres incriminés , et venger l’œuvre de Chalcédoine de ses impies blasphémateurs3 4; et, en attendant, pour bien marquer son attitude, il rompit toute relation avec le patriarche Ménas et les autres partisans de l’édit impérial''1. Lorsque, le 25 janvier 547, Vigile débarqua à Constantinople, Facundus était tout prêt à soutenir énergiquement les résistances du pape ; et quoiqu’il n’eût point encore achevé son grand ouvrage, il était trop versé

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