Tiieophylacte Simocatta (édit, de Boor), III
IG
bère en profitait pour entreprendre et poursuivre la réforme de l’administration byzantine en Afrique ; il était parvenu à des résultats assez positifs pour qu’il lui fût possible de prendre dès 582 les mesures nécessaires à la restauration de l’agriculture et à la sécurité de la frontière. Néanmoins cette demi-prospérité garde je ne sais quoi d’artificiel, de transitoire. On sent que quelque chose manque à ce qui fait les époques puissantes et heureuses. Trop souvent les mêmes lois reparaissent, prescrivant, insistant, réitérant ce quelles ont déjà édicté, imposé sans résultat ou bien avec un résultat qui ne dure pas. La frontière est intacte, mais on a dressé une seconde lig’ne de places fortes en arrière ; bien plus, l’intérieur du pays montre maintenant des forteresses et même des redoutes, des réduits construits aux frais des populations et destinés à les abriter à la première alerte. Sans doute, les vingt années du règne de l’empereur Maurice (582-602) vont réparer bien des désordres, bien des maux, mais imposer aussi des transformations bien graves et bien profondes à un pays qui, depuis l’invasion vandale, semblait n’avoir que la force fléchissante d’un malade et, depuis la domination byzantine, la faiblesse persistante d’un convalescent.
A la fin du vie siècle, les divisions territoriales de l’Afrique avaient subi de profondes modifications 1 . La Tripolitaine était désormais détachée de l’Afrique et relevait de la province d’Égypte 2 ; la Maurétanie Césarienne était rayée du nombre des possessions
1. Georges de Chypre, Descriptio nrbis romani (édit. Gelzer), p. \tvm. Cette liste géographique représente les divisions de l’Afrique sous le règne de l’empereur Maurice.