Ibid.. V. 3; VI
grâce à la complicité de l’administration ', les ordres du prince demeuraient lettre morte ; et les évêques qui tentaient de faire leur devoir se voyaient exposés à la fois aux persécutions de leurs adversaires, aux calomnies et aux rigueurs de l’autorité 1 2 . Enfin dans certaines portions de l’exarchat d’Afrique, l’œuvre de la conversion demeurait stationnaire ; en Corse, beaucoup de diocèses restaient sans évêques pendant plusieurs années de suite et retournaient lentement à la barbarie 3. En Sai'daigne, en Afrique même, nombre de prélats étaient négligents ou indifférents 4 : et malgré les efforts que faisait sur ce point l’administration impériale, toujours prête à imposer par les armes la religion orthodoxe 5 6, beaucoup de païens continuaientà adorer les arbres et les pierres c. Jusque sur les domaines des propriétaires chrétiens, jusque dans les patrimoines de l’Église 7 subsistaient un grand nombre de cultivateurs idolâtres 8 ».
Il se trouvait heureusement à la lin du vnc siècle sur le siège de Rome un pape d’une haute valeur intellectuelle et morale. C’était un pur Romain, organisateur et administrateur à la manière de ses ancêtres des plus grands jours de Rome. Pouvant embrasser sans trop d’effort le gouvernement de l’Eglise entière il ne trouvait pas de raison de borner son attention et son activité à des limites plus restreintes. Il était