C. Diehl, op. cit., p. 507 sq
de ces hommes qui engagentles situations ; après eux et pendant longtemps il suffit de suivre. Mais pour leurs successeurs c’est parfois tout ce qu’ils peuvent faire et plus qu’ils ne peuvent faire.
Comme tous les esprits tournés vers la pratique, le pape saint Grégoire Ier se connaissait admirablement en hommes. Il découvrit, pour l’aider dans l’œuvre de la restauration de la discipline ecclésiastique en Afrique, des auxiliaires qui furent tout à la fois des hommes d’initiative et des coopérateurs modestes. L’un d’eux était le notaire Hilarus, chargé de l’administration des patrimoines de l’Eglise romaine en Afrique. Les attributions de ce personnage étaient plus étendues que son titre ne porterait à le penser ; il importe de rappeler que Hilarus avait, à peu de chose près, les droits d’un légat pontifical. Il lui incombait de surveiller la conduite des prélats, de faire sur leurs actes les enquêtes nécessaires, de réprimander leurs fautes, de leur transmettre les instructions du pape, de provoquer pour les juger la réunion des conciles 1 . Avec lui, deux évêques travaillèrent à assurer le triomphe des réformes conçues par le pape, ce furent l’évêque de Carthage, Dominique2, et un évêque de Numidie, Colombus, dont le siège n’est pas connu, qui, de 592 à 602, se fit dans sa province une situation prépondérante. La faveur du pape égalait sa confiance; sachant la rectitude d’esprit de Dominique, il n’avait pas craint de lui laisser voir 3 qu’il faisait plus de cas de son suffragant que de lui primat, et Dominique eut assez de modestie, ce qui est louable, et assez d’esprit, ce qui est hors ligne, pour le trou-