‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 188 sur 245 · Jean de Nikiou, Chronique (édit. Zotenberg), p · texte numérisé non relu

Jean de Nikiou, Chronique (édit. Zotenberg), p

jamais, Héraclius céda et vers le même temps la fortune sembla revenir vers lui 1 .

Les cinquante premières années du vne siècle furent pour l’Afrique comme cet éclat fugitif qui précède l'instant où une lumière va s’éteindre. La tranquillité et la sécurité avaient reparu. En 610, l’exarque Iléraclius n’hésite pas à dégarnir de troupes la province et à faire appel aux tribus indigènes pour grossir les recrues de l’expédition tentée contre Phocas; en 619, l’empereur songe à porter à Carthage la capitale de l’empire. Ce que nous savons de l’influence byzantine à cette date confirme toutes les conjectures. Les fonctionnaires byzantins s’étaient fait un devoir de faire marcher du même pas la conversion et la conquête et dès la première moitié du vne siècle, « dans toute la Byzacène, de nombreuses populations chrétiennes habitent les oasis du Djerid 2 ; la religion catholique pénètre parmi les tribus de l’Aurès et du Zab 3 4 ; dans la Maurétanie Césarienne, les Zenata qui peuplent la région au sud de Tlemcen professent le christianisme /| ; la puissante confédération des Auraba est convertie à l’orthodoxie 5 ; un grand Etat indigène et catholique existe aux environs de Tiaret6. Et non seulement des chrétientés se rencontrent dans l'intérieur de la Maurétanie Césarienne et de la Tingitane, mais — et voilà qui est vraiment significatif — les évêques de ces diocèses

1. L. Drapeyron, L'empereur Iléraclius, in-8°, Paris, 1869, p. 107-110, 114-118.

2. Ibn-Kiialdoun, Histoire des Berbères (trad. de Slane), t. I, p. 231.

3. Ibid., III, p. 191; Recueil de Constantine, 1873-1874, p. 226.

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