H. Four^el, op. cit., t. I, p
lointains viennent assister aux conciles de Carthage 1 . Or ce fait demeure inexplicable, si l’on n’admet deux choses : d’une part, qu’une paix profonde, sans laquelle les communications eussent été promptement impossibles, régnait alors en Afrique; de l’autre, qu’entre les princes berbères de la Césarienne et l'autorité impériale existaient des relations cordiales, sans lesquelles les évêques n’auraient pu entretenir nul rapport avec les prélats des pays byzantins2 ».
A cette expansion correspondait la sécurité et la prospérité de la province. Pendant le règne d'Héraclius l’Afrique reprit son aspect enchanteur. « Depuis Tripoli jusqu’à Tanger, dit En-Noveiri, tout le pays n’est qu’un seul bocage et une succession continuelle de villages 3 4. » Les explorations archéologiques ont montré que les régions aujourd'hui désertes avaient connu alors une population nombreuse et active. Des habitations, des bourgades, des villages et de vastes exploitations agricoles ont laissé à la surface du sol des traces faciles à reconstituer de la population disparue. On ne s’était pas encore déshabitué du goût des constructions et des édifices, « et cela jusque dans les villes situées bien loin de la côte, dans les parties les plus méridionales du haut plateau numide. Les deux seules inscriptions à date certaine que nous possédions pour cette époque proviennent, l’une de la banlieue de Tébessa, l’autre des ruines de Timgad toutes deux rappellent la