Gseli., Les monum. antiq., t. H, p
2. Hübscii, Monuments de l’architecture chrétienne depuis Constantin jusqu'à Charlemaqne (trad. Gubrber), in-8°, Paris, 1866. Table chronologique, croit pouvoir classer cinq basiliques comme antérieures à Constantin et contemporaines des chapelles souterraines. Parmi elles la basilique de Réparants à Orléansville, fondée en 285 (ère de Maurétanie). Ceci n’est pas admissible, cf. De Rossi, Bull, di arch. crist., 1871, p. 133. C. Bock, dans Christliche Künslblütter, Freiburg, févr.-mars 1870. Nous reviendrons ailleurs sur cette question. On peut toutefois consulter J. Kirsch, Die Christliche Cullurgebaiide in dcr Vorkonslantinischen Zeit, dans S. Eiises, Festclirift zum ctfliundert Jâlirigen Jubildum des deutsclien Campo Sanlo in Boni, iu-8°, Freiburg, 1897, p. 6 sq.
3. Corp. script, eccles. Vindob., t. XXVI, appendice, p. 187.
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au moins une génération, la règle adoptée clans un grand nombre d’évêchés. Plusieurs évêques étaient sortis personnellement du monastère fondé par saint Augustin et d’autres, plus nombreux encore, faisaient de lui, avec raison, le modèle et le restaurateur de l’Église d’Afrique. Il était d’ailleurs facile de pratiquer une existence telle que celle dont le grand homme donnait l’exemple. Sa maison était dans un ordre parfait et tout le soin de l’administration était remis aux clercs délégués à cet office. L’évêque n’avait sur lui ni clef, ni anneau ' qui marquât son souci de veiller à la dépense ; c’était à ceux qu’il avait désignés de faire tout ce qui concernait leur charge . A la fin de chaque année ils lui rendaient leurs comptes, marquant les dépenses, les recettes et ce qu’on pouvait garder par devers soi. Jamais il ne posséda de maison, de propriété ni de villa. Quelques aventures désagréables l’avaient mis en garde contre les donations entre vifs. On lui réclama parfois ce qui avait été donné à son Église plusieurs années auparavant, il restitua aussitôt, mais il se fit cette maxime que les dons des défunts étaient les seuls qu’on pût accepter sans crainte de repentance. Il avait contribué à établir entre l’évêque et les fidèles des rapports d’une bonhomie charmante. Quand il s’apercevait que la caisse était vide, il l’annonçait publiquement : « Je n’ai plus rien pour faire l’aumône, » disait-il.
Le clergé de son Église partageait sa maison et sa table, l’évêque prenait même le vêtement de tous à sa charge. Le régime ne paraît pas avoir laissé à Possidius des souvenirs particulièrement com-
1. Sur cet usage, voir H. Leclercq, art. Anneau, dans D. Cabrol, Dict. d’urch. cl de liturgie.
pliqués. Les habits, les souliers et les lits étaient ordinaires et adaptés à la vie qu’on menait, ni trop luxueux ni trop rudes. La table était frugale et peu abondante. On vivait de légumes et on ne voyait venir la viande que si un hôte se trouvait parmi les convives, cependant les infirmes pouvaient en obtenir sans attendre l’arrivée d’un hôte. On buvait toujours du vin, ce que d’ailleurs le biographe croit nécessaire de justifier au moyen de trois textes ; les cuillers étaient en argent, pour le reste, tous les plats et les vases qui servaient sur la table étaient en terre cuite, en bois ou en pierre, non par raison de pauvreté mais par modestie. Les hôtes étaient toujours les bienvenus, cependant si on se relâchait en leur honneur de faire la lecture, ils étaient prévenus de ne pas en profiter pour manquer à la charité dans leurs conversations. Dans le réfectoire se trouvait une inscription portant ce distique 1 :
QVISQVIS AMAT DICTIS ABSENTVM RODERE VITAM HANC MENSAM INDIGNAM NOVERIT ESSE SIBI
Il paraît que plusieurs collègues de saint Augustin avec lesquels il vivait sur un pied de grande familiarité pensèrent que l’inscription ne s’adressait pas à eux ou qu’elle n’était là que pour orner la salle. Ils se firent reprendre avec âpreté : « Il faut enlever cette inscription, dit-il, ou bien je sors et je me retire chez moi » , et il le fit.
L’accès des appartements intérieurs de la maison épiscopale était interdit aux femmes; à Hippone, la
1. Nous suivons le texte de Piper, Zur Gcschichte der Kirchenvater ans epigraphischen Quellcn, dans Zeitschrift für Kirchengescliiclile, 1877, t. I, p. 230, n. 15.
règle ne souffrait aucune exception, même pour la sœur de l’évêque, bien que veuve et supérieure d’un monastère de nonnes; sa nièce était dans le même cas. L’évêque convenait que le soupçon n’avait vraiment pas matière à s’exercer sur leur présence dans sa maison, mais les femmes, disait-il, amènent les femmes, elles auront des amies, des domestiques et il se trouvera des esprits faibles pour en prendre ombrage. Cette réserve était poussée à tel point qu’il ne recevait la visite d’aucune femme sans introduire en tiers un de ses clercs, et il n’y avait de secrets qui pussent le décider à éloigner ce témoin.
Cette vie claustrale avait ses heures où l’évêque reprenait son rôle extérieur. On le voyait visiter les veuves et les orphelins en détresse, l’appel d’un malade était immédiatement entendu, au contraire il ne se rendait dans les monastères de nonnes que le moins possible et seulement dans le cas de pressante nécessité.
Cette multitude de diocèses dont nous avons parlé réduisait beaucoup l’étendue de chacun d’eux, cependant il était nécessaire que l’évêque les visitât, car on voit qu’il fallait se tenir en garde non seulement contre les hérésies, mais contre l’excès de dévotion. Les chrétiens du ive siècle eurent la passion du culte des reliques et en Afrique, où on ne faisait rien à demi, cette dévotion exagérée tourna bientôt à l’abus. Les basiliques, les chapelles, les oratoires destinés à recevoir des reliques ne se comptaient plus. Ces édifices, qui portaient dans la langue du temps le nom de memoriae martyrum, se multiplièrenttellement qu’ils alarmèrent l’autorité .ecclésiastique. On rencontrait les memoriae en tous lieux, en rase campagne, le long des routes, dans des parages peu fréquentés,
partout enfin où le fanatisme et la spéculation espéraient tirer parti de la générosité un peu naïve de la masse des fidèles. A la suite de songes ou de prétendues révélations, s’élevaient des chapelles qui ne contenaient aucune relique des martyrs auxquels elles étaient dédiées et ne se rapportaient à aucun souvenir local de leur vie. Ces édicules, outre qu’ils détournaient les fidèles des centres religieux, imposaient une surcharge assez notable dans l’administration du diocèse, car en même temps qu’on abritait la relique d’un martyr on élevait un autel, et on célébrait le culte. Le canon 34e du concile tenu à Carthage, en 438, décida que tous les édicules connus sous le nom de memoriae martyrum qui ne pourraient dûment justifier de la possession de reliques ou d’un souvenir authentique seraient démolis. La charge en revenait à l’évêque de chaque diocèse qui pourraittoutefois surseoir àla destruction s'il craignait quelque effervescence populaire provoquée par la mesure qu’il avait mission d’exécuter. En ce cas il aurait à instruire les fidèles de s’abstenir de la fréquentation des memoriae L
Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des statistiques, il doit nous suffire de donner quelque idée de la physionomie d’une ville chrétienne en Afrique. Grâce aux écrits de saint Augustin, c’est Hippone que nous connaissons le mieux. Hippone comptait plusieurs basiliques et chapelles. D’abord la basilica major ou « basilique de la Paix », dans le secretarium de laquelle on tint un concile en 393 1 2 et
1. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. III, col. 971, cf. H. Leclercq , Archéologie de l’Afrique, dans D. Cabrol, Dict. d'arch, et de liturg.
2. S. Augustin, Scnno CCCXXV; De civit. Dci, XXII, 8. Cf. Sermo CCXXIII, U.
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qui était flanquée d’une chapelle de Saint-Etienne formant un bâtiment distinct 1 ; l’autel contenait une relique du proto-martyr 2 et on lisait sur la voûte quatre vers résumant son histoire 3. Ensuite venait la basilica Leontiana 4 5, fondée par Leontius, évêque d’Hippone et martyr, et qui abrita un concile en 427 5 ; nous connaissons en outre la basilica ad octo martyres que saint Augustin fit construire 6 7 ; la chapelle ad viginti martyres 7 , la chapelle de saint Théogène martyr 8 et la basilique des Donatistes 9. Voilà pour l’intérieur de la ville; en dehors nous connaissons : une chapelle des martyrs sur un domaine privé, situé dans la banlieue de la ville 1 0 ; une chapelle de saint Gervais et de saint Protais, dans une autre propriété privée, la Victoriana villa, à une trentaine de milles d’Hippone 11 ; une basilique à ITasna, violée par les circoncellions 12 13 ; une église contenant une relique de saint Etienne à Andurus, dans un domaine <3, et d’autres encore u.
A quarante milles d’IIippone, se trouvait un oratoire dans un domaine privé, à Fussala. Son histoire nous est racontée avec de grands détails par saint