‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 191 sur 245 · C. DlKHL, op. cil., p. 530 sq · texte numérisé non relu

C. DlKHL, op. cil., p. 530 sq

2. Toutes les villes grecques d'Espagne ne furent pas conquises. A la fin du vne siècle il existait encore un territoire byzantin eu Espagne. I>. G., t. XCV1II, col. 686, 698; Jaffé, Regesta pontifleum , iu-8», Leipzig, 1881, n. 2121 ; L. Duciiesne, dans la Dibl. de L'École des Chartes, 1891, p. 19.

3. D’après Théophane, ou dut cesser, vers la fin du règne d’Héraclius, de payer, faute d'argent, les subsides accordés aux nomades qui gardaient la frontière de Syrie.

calcul. Ils savaient que la paix leur était plus favorable que la guerre parce qu’elle leur permettait d’acquérir une situation plus solidement établie. L’Afrique byzantine était dès lors bordée non plus de tribus nomades mais d’Etats indigènes ayant leurs lois, leur religion, leurs souverains presque indépendants. Les Laouta établis en Tripolitaine, sur le littoral, depuis la Cyrénaïque jusque vers Gabès, ayant avec eux les Hooura et les Nefouça. La puissante tribu des Nefzaoua s’étendant dans le Djerid actuel et dans les plaines qui couvrent le sud-ouest de la Byzacène, ce sont les espaces jadis parcourus par les Maures d’Autalas. Les Djeraoua, les[ Ifren, les Magraoua répandus en Numidie, dans le massif de l’Aurès, jusqu’au Hodna, au Zab et en Maurétanie. Dans la Césarienne, la tribu des Auraba obtenait la prépondérance sur le reste des Berbères. Sur les hauts plateaux on rencontrait les tribus des Zenata, parmi lesquelles les Berghouata dominaient sur le Maghreb-el-Aksa.

Ces populations étaient chrétiennes pour la plupart, cependant quelques-unes demeuraient païennes, et, d’après Ibn-Khaldoun, les Djeraoua de l’Aurès, les Nefouça de la Tripolitaine et quelques tribus de la Maurétanie étaient juifs. Mais quelle que fût la différence de religion, la politique était la même. Ibn-Khaldoun laisse entendre que vers la fin du règne d’Héraclius les indigènes cessèrent de [payer l'impôt au gouvernement grec et arrachèrent à sa faiblesse toutes sortes de privilèges. Vers le même temps la poussée des indigènes devient si irrésistible que les Byzantins commencent un mouvement de recul plus ou moins marqué ; les garnisons évacuent les fortins et abandonnent le plat pays pour se concentrer dans

les places qui formaient auparavant la deuxième ligne.

Tandis que les Byzantins reculaient sur la frontière, ils achevaient de s’aliéner la population africaine. L’apparition de VEcthèse publiée par Héraclius avait blessé profondément l’épiscopat, le clergé et les fidèles. Cette hérésie orientale était trop subtile pour les Africains qui ne se passionnaient vraiment que pour des questions très simples, comme l’affaire des lapsi , des traditores, le Donatisme et la rebaptisalion. Mais le monothélisme pas plus que l’arianisme ne les captivaient, ces subtilités étaient si menues qu’elles leur échappaient, d’ailleurs elles n’étaient pas africaines d’origine et c’était une mauvaise note. Comme il était arrivé au peuple juif dans les derniers temps de sa nationalité, la nation africaine lassée de schismes et d’infidélités était devenue d’une orthodoxie si délicate qu’elle « ne pouvait, suivant l’expression d’un contemporain, supporter d’entendre le seul nom d’hérésie 1 » . L’épiscopat déclarait avec impatience « que toutes ces nouveautés naissaient d’un amour malsain de la gloire, et que leurs auteurs les imaginaient uniquement pour paraître plus subtils, plus perspicaces, plus sages que le commun de leurs frères 2 ». Les fidèles professaient un égal dédain pour tout ce qui ne venait pas de l’Eglise de Rome et tous se préoccupaient de l’attitude à prendre dans le cas où l’on en viendrait à mettre en question l’orthodoxie ; la solution à laquelle on s’arrêtait de préférence tendait à la rupture ouverte avec l’empereur.

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