‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 2 sur 245 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

L’AFRIQUE CHRÉTIENNE AU IVe SIÈCLE. 7

l’école pour y apprendre à lire. Pour mon malheur, je ne comprenais pas Futilité de ce travail. Cependant si j’étais paresseux à apprendre, j’étais battu, ce que les grandes personnes trouvaient fort juste ». L’atmosphère chrétienne qui commençait à pénétrer la société entière agissait même sur les petits païens et le nôtre tâchait d’intéresser le bon Dieu à ses affaires : « Je commençai, tout enfant, dit-il, à m’adresser à vous, mon Dieu, comme à mon appui, à mon refuge. Je déliais les nœuds de ma langue pour vous invoquer; et, tout petit encore, mais avec une grande ardeur, je vous priais de ne pas me laisser donner le fouet à l’école. Et quand vous ne m’écoutiez pas, mes maîtres et même mes parents, qui cependant ne me voulaient pas de mal, se riaient de ces coups qui me paraissaient à moi le malheur le plus grand et le plus terrible. Et cependant je ne cessais de faire des fautes, soit dans la lecture, soit dans l’écriture, soit dans les leçons que l’on exigeait de moi 1 . » Une des causes de ces fautes était la mauvaise habitude du petit garçon et de ses camarades de faire usage entre eux des patois indigènes, mais le maître y perdait son latin, car il fallait surveiller autant qu’instruire. Augustin laissait débiter les leçons sans y prêter attention, il songeait au coup qu’il aurait à faire pour gagner la partie de balle qui le préoccupait beaucoup plus que le latin ou le grec ; il calculait, combinait comment s’y prendre pour être « champion ». A mesure que les enfants grandissaient, leurs distractions changeaient de nature. « Je brûlais, dit-il encore, de voir des spectacles et ces jeux réservés aux hommes faits 2. »

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