‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 3 sur 245 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

C’était à l’âge précisément où s’éveillaient les premières curiosités des sens chez ces natures précoces qu’on les livrait à elles-mêmes. Tous les centres de quelque importance possédaient un enseignement secondaire. Augustin fut donc envoyé à Madaure chez un grammairien pour y faire ses humanités. L’installation scolaire était des plus simples. Les jeunes gens entraient chez le maître, on tirait un rideau pour indiquer aux oisifs qu’ils devaient passer leur chemin 1 et le cours commençait.

Ce n’est pas un de nos moindres sujets d’étonnement que de voir l’antiquité pratiquer en matière pédagogique une routine qui ne laisse rien à envier aux hommes de notre temps 2. Cependant cette formation toute littéraire et mythologique était la seule que pussent recevoir les chrétiens de ce temps ; c’est par elle — ou malgré elle — qu’ils ont été, intellectuellement parlant, ce que nous les voyons être. Tertullien, Cyprien, Augustin, Arnobe, Lactance, tous convertis, ont subi cette discipline sans résistance et y ont trouvé le germe qui a fécondé leurs hautes intelligences et qui a valu à l’Eglise d’Afrique ses plus durables, ses plus beaux et, pour tout dire, ses seuls monuments.

Le cours s’ouvrait par la récitation des leçons. « J’étais forcé, dit Augustin, d’apprendre par cœur

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