Labbe, Concilia, t. VI, col
de la vérité » et les gardiens de l’orthodoxie1. Les violences exercées à peu de temps de là contre le pape Martin et l’abbé Maxime par ordre du Gouvernement de Byzance ne devaient pas rendre plus facile le rétablissement d’une autorité qui allait s’affaiblissant et se réduisant un peu plus chaque année. Dès 665, la Byzacène échappe au basileus et certains détails donnés par les historiens des campagnes des Arabes font voir que, dès cette époque, les Byzantins avaient cessé d’occuper la plupart des forteresses qui formaient jadis la première ligne de défense de la Byzacène. Cette année 665 vit se renouveler la razzia de 647. Ces deux succès prouvaient aux Arabes qu’ils pouvaient songer désormais à fonder en Afrique un établissement durable. En 668, Okba soumettait les oasis de Ouaddan, du Fezzan, de Kaouar et imposait l’islam aux habitants de ces régions ; en 669, Okba marchait sur Carthage tandis que le khalife Moaviah, afin de ne laisser aucun doute sur ses desseins, constituait en un gouvernement indépendant de l’Egypte l’ifrikiya dont il confiait à Okba l’administration. Les opérations militaires ne furent qu’une course à travers les oasis de la Tripolitaine et de Ghadamès ; le pays de Kastilia fut occupé et la prise de Gafsa livra la Byzacène. Les chroniqueurs byzantins racontent que les Arabes firent 80.000 prisonniers. Okba voulant prendre définitivement possession de la Byzacène, y construisit au centre d’une vaste plaine marécageuse et déserte, à une journée de marche d’Hadr'umète, la ville de Kairouan dont il fit la place d’armes et la clé de son système d’occupation. Les Byzantins avaient assisté impassibles dans leurs