‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 208 sur 245 · De l’année · texte numérisé non relu

De l’année

lièrement digne d’attention 1 ; la troisième lettre était destinée au sultan En-Nâcir. C’est une assez longue pièce toute pleine d’onction et de compliments qui se termine par un souhait de longue vie et de repos bienheureux dans le sein d’Abraham 2.

En-Nâcir mourut en 1902 et il est probable que ses premiers successeurs respectèrent l’œuvre que sa tolérance avait laissée subsister. En 1114, nous voyons qu’il y avait encore des Eglises dans cette partie de l’Afrique. Les Almohades ne montrèrent que fanatisme et, en 1160, les chrétiens africains furent contraints de fuir en Sicile. Pierre, moine du Mont-Cassin, rapporte qu’Azzon, supérieur de ce monastère, et quelques autres moines passant en cette année 1114 de l’île de Sardaigne en Italie furent pris par des pirates et amenés en Afrique, à El-Kala. Azzon mourut en captivité et fut enterré devant l’autel de l’église de Kala qui était érigée en l’honneur de la vierge Marie ; or cette ville d’El-Kala était une ville créée depuis peu 3 4.

Morcelli conjecture que le christianisme fut anéanti et tout vestige de l’antique Eglise d’Afrique effacé au douzième siècle, sous la domination des Almohades A. « Ce sentiment, dit fort justement M. Bar-

1. La suscription porte : clero et populo liipponensi in Mauritania Sitifensi id est in Africa...

2. Labbe, t. X, p. 146, et lib. III, epist. 21. Une traduction française par Jager dans L'Université catholique, juillet 1845, n. 115, p. 17, reproduite parL. Barges, Aperçu, etc., p. 18-21. Cette lettre explique par sa suscription ce qu'il y a de fautif dans la précédente; on lit donc : régi Mauritaniac Sitipliensis provinciae in Africa.

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