‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 209 sur 245 · Pagi, ad Annales eccles., in-fol. Venetiis, ad ann · texte numérisé non relu

Pagi, ad Annales eccles., in-fol. Venetiis, ad ann

4. Africa christiana, t. I, p. 47. Pagi, ad ann. 1149, n. 7, 8, avait ouvert l’avis et Jager, dans L'Université catholique, t. \\, juillet 1845, n. 115, p. 19, l’a reproduit.

gès, ne repose que sur des données fort vagues et semble même être en contradiction avec les faits historiques. Nous voyons, en effet, des corps de troupes chrétiennes dans les armées des Almohades jusque vers la fin du xme siècle de notre ère. Ces chrétiens n’étaient pas des renégats tels que ceux dont les shériffs du Maroc s’entourèrent plus tard pour leur servir de gardes du corps : les noms de Roum et de Noçâra que les écrivains arabes leur donnent, prouvent que ces chrétiens, pour prendre alors du service dans les armées musulmanes, n’étaient pas forcés de renier la foi de leurs pères.

« Ghamorâcen, premier roi de Tlemcen, qui a régné de 633 à 681 de l’hégire (1253-1301), avait à sa solde un grand nombre de chrétiens. Le fait suivant est rapporté par Yahia ben-Khaldoun dans son histoire des Beni-Abd-el-Wâdy : « Ghamorâcen, » dit cet auteur, « avait à sa solde un escadron de deux mille « cavaliers chrétiens [Roum) qu’il avait tiré des pays « soumis à l’empire des Almohades. Le destin voulut « qu’il passât un jour en revue toutes ses troupes « hors des murs de sa capitale : c’était un mercredi, « rebie second de l’année 652. Quand il fut arrivé « aux chrétiens [Noçâra) qui étaient aux derniers « rangs de l’armée, ceux-ci le trahirent et tuèrent « son frère Mohammed. Le chef de leurs officiers, « s’étant alors jeté sur le roi, le saisit par le corps; « mais Ghamorâcen, plus vigoureux que son adver- « saire, parvint à se débarrasser de lui; il appela à « son secours les gens de sa tribu, qui, dégainant « leurs épées, coururent attaquer les chrétiens « [Roum), et en firent un tel massacre, qu’il n’en « échappa pas un seul. C’est là, ajoute Yahia ben- « Khaldoun, la raison pour laquelle les rois de sa

« dynastie n’ont plus voulu depuis cette époque. « prendre des chrétiens à leur solde 1 . »

Quelques îlots chrétiens continuèrent à subsiter : au xive siècle, dans les villages des Nefzaoua, on rencontrait quelques communautés chrétiennes, qui s’étaient maintenues depuis la conquête 2.

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