S. Gsell, Les monum. antiq., t. Il, p
plupart des monuments chrétiens de l’Algérie, dit M. Gsell 1 , ont été bâtis à la hâte, pour répondre à des besoins religieux, plutôt que pour satisfaire des goûts artistiques. On s’est plus soucié de faire vite que de faire beau. Sans doute, il y a quelques exceptions : ainsi les basiliques de Tébessa et de Tigzirt sont des édifices d’une exécution soignée et d’une riche ornementation. Mais, en général, le mode de construction des églises africaines est fort médiocre. Leur ornementation mériterait une étude spéciale et elle n’est possible qu’à l’aide d’un grand nombre d’illustrations. L’industrie de la mosaïque, si ancienne et si florissante en Afrique, a été fréquemment employée à la décoration des églises. Un grand nombre de sanctuaires ont un pavement de mosaïque, malheureusement ces ouvrages sont de l’époque où la décadence de l’art se précipitait. « La mosaïque romaine d’Afrique se transforme constamment du ier siècle de notre ère au vie, suivant une loi qu’on peut énoncer ainsi : elle va du réalisme au symbolisme, du concret à l’abstrait, du décor vivant au décor géométrique. 2 » Ce qui revient à dire « que les mosaïstes, qui étaient d’abord presque des artistes, sont devenus de plus en plus de simples manœuvres, fort indifférents à l’étude de la nature, et que, sachant de moins en moins dessiner, ils ont été amenés à éviter de plus en plus les représentations de personnages et le décor vivant, pour faire dans leurs œuvres une place toujours grandis-