‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 211 sur 245 · Proconsulat de Didius Julianus · texte numérisé non relu

Proconsulat de Didius Julianus

... — Pendant les années qui précèdent l’apparition du traité, Adversus Judaeos , de Tertullien (200?) le christianisme s’étend au delà des frontières de l’empire et pénètre chez les Gétules et chez les Maures.

190- 191 (?). — Proconsulat de Cincius Severus, favorable aux chrétiens. Pendant la tenue des assises à Thysdrus (El-Djem) il leur fait dicter des réponses équivoques qui facilitent l’acquittement.

191- 192. — Proconsulat de Vespronius Candidus qui, sous prétexte de légalité, refuse déjuger un fidèle que la foule amenait devant son tribunal.

Avant 197. — Liber ad amicum philosojihum, de Tertullien. (Perdu.)

197. — Agrippinus , évêque de Carthage. Tertullien écrit en janvier ou février : Ad martyras. Ce livre nous apprend que les prisons de Carthage renfermaient alors des fidèles poursuivis au nom de leur foi. Après le 19 février il publie les deux livres Ad nationes. Entre la fin de l’été et le début de l’année suivante il compose Y Apologeticum. Sur le développement du christianisme et les violences exercées contre les fidèles, voir p. G, 7. A cette même année se rapporte probablement la calomnie de Yonoeoitès qui paraît toute récente dans Y Ad nationes.

198. — Nous croyons pouvoir avec plus de vraisemblance rapporter à cette année le concile tenu à Carthage par Agrippinus qui réunit autour de lui 70 évêques venus de la Proconsulaire et de la Numidie.

199. — Mort du pape africain Victor Ier. La polémique pascale excitée sous son pontificat provoqua un traité d’un évêque africain sur la question débattue. Son auteur était Archaeus, évêque de Leptis, en Tripolitaine.

Vers 200. — Tertullien est élevé au sacerdoce.

APPENDICES

Peut-être vers 200. — Un peintre de Carthage, nommé Hermogènes, écrit sur l’éternité de la matière ; livre que Tertullien réfutera entre 200 et 206.

Entre 197 et 200. — Tertullien compose le De teslimonio animae , postérieurement à son « Apologétique ». Il semble (cf. De praescrip. haeret., 32) que dès cette époque on tenait des listes épiscopales (cf. Pontius, Vita Cypriani, 19).

Vers 200. — Tertullien compose le De spectaculis ; la date reste imprécise, elle est en tout cas postérieure à YApologeticum. A la môme époque paraît la première édition du traité Adversus Marcionem, qui a toute une histoire littéraire. Ce travail parut bientôt insuffisant à l’auteur, qui en fit une refonte complète, mais pendant la préparation de cette édition revisée, un chrétien, depuis apostat, se procura une copie du nouveau travail et la publia, malgré tout ce qu’elle présentait d’incorrect et d’inachevé. Tertullien désavoua cette publication et prépara l’édition définitive que nous mentionnerons en 207-208.

Postérieurement à YApologeticum et à la première édition du traité Adversus Marcionem, Tertullien compose le De praescriptione haereticorum.

Entre 200 et 202. — Edit de Septime-Sévère, interdisant de se faire juif ou chrétien. La Passion de sainte Perpétue mentionne les dissentiments entre l’évèque Optatus (de Carthage? de Thuburbo?) et le prêtre Aspasius.

202-203. — Proconsulat de Minutius Timinianus. Ce magistrat étant mort pendant qu’il était en charge, le procurateur Hilarianus remplit l’intérim. Son gouvernement est signalé par une ou plusieurs émeu.tes contre les cimetières chrétiens. L’application de l’édit amène le martyre de plusieurs fidèles dont les noms sont connus et de « beaucoup d’autres », dit Tertullien. Le 7 mars 203, martyre de sainte Perpétue et de ses compagnons ; le 22 mai, martyre d’Emilius et de Castus ; le 18 juillet,

« sous le proconsuîat de Rufinus », martyre de sainte Guddène. Cette année est marquée par une famine. On est autorisé, par divers passages des lettres de saint Cyprien, à faire remonter jusqu’aux persécutions de Com-

mode et de Septime-Sévère la pratique de l'Église de Carthage de rédiger le catalogue des anniversaires auxquels se célébrait la mémoire des martyrs. A ces persécutions remonte aussi la rédaction de Passions détaillées. (Cf. Pontius, Vita Cypriani, 1.)

204- 205. — Proconsulat de C. Julius Asper sous lequel les chrétiens paraissent avoir obtenu quelque relâche. Un jour qu’un chrétien était traduit à son tribunal, il dit tout haut à ses assesseurs sa répugnance à juger ces sortes de causes, et renvoya le prévenu sans le sommer de sacrifier.

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