S. Augustin, Confessioncs, I
2. Cette question a été exposée par G. Boissier, La Fin du paganisme., in-12, Paris, 1891, t. I, p. 171-231 : L’instruction publique dans l'empire romain. On y verra que si nous choisissons la jeunesse de saint Augustin pour introduire quelques détails sur le régime scolaire africain, nous n’en sommes pas moins rapproché de la vérité historique silice régime tel qu’il existaitau ne siècle ou au vte siècle. Pendant toute la période que nous étudions dans ce livre, l'instruction publique en Afrique n’a guère varié.
L'AFRIQUE CHRÉTIENNE AU IVe SIÈCLE. 9
les aventures de je ne sais quel Enée, de pleurer sur Didon qui se tue par amour L » Le latin épuisé, on passait au grec. « D’où venait donc mon aversion pour la langue grecque, où je trouvais cependant les mêmes fictions? Car Homère sait admirablement tisser de semblables fables ; rien de plus doux que ses mensonges poétiques et cependant il était amer à mon enfance 1 2. » « Je crois que les enfants grecs forcés d’apprendre Virgile y trouvent autant de dégoût que moi dans Homère. Sans doute, ce qui répandait pour moi tant d’amertume sur la douceur des fables grecques, c’était la difficulté de savoir entièrement une langue étrangère. Je n’en connaissais vraiment pas un mot ; la terreur et le châtiment m’obligeaient seuls à l’étudier 3. » Dès cet âge, le tempérament se révélait de tous côtés : Amour du plaisir, de la gloriole, de la terre natale, car entre tous les livres qu’il fallait apprendre les jeunes Africains montraient du goût pour Térence, un compatriote, et pour les scènes de Y Enéide qui avaient Carthage pour théâtre. « J’apprenais tout cela avec plaisir, j’en faisais mes délices; et l’on m’appelait un enfant de belle espérance 4. »
Les leçons récitées, on expliquait la grammaire et on corrigeait la prononciation. La grande affaire était de s’exprimer sans commettre ni barbarisme ni solécisme : « Je craignais fort de pécher contre la grammaire; et, quand je m’étais trompé, je regardais