S. Augustin, Sermo, CV
3. S. Jérôme, Commentât, in Ezecli., prol. Ces sentiments sont plus facilement explicables si l'on se rappelle la croyance des hommes de ce temps à l’éternité de Rome, cf. Dousset, L'Antéchrist.
belle, car la susceptibilité ou, pour l’appeler plus exactement, « le chauvinisme » était monté à son plus haut point. Plus le mécontentement des partisans des anciens cultes avait été comprimé, plus il éclatait, menaçant : « Quand nous faisions des sacrifices à nos dieux, disaient-ils, Rome était debout, Rome était heureuse. Maintenant que nos sacrifices sont interdits, voyez ce que Rome est devenue '. » Une circonstance particulière donnait à leurs paroles un commentaire poignant. La position géographique de la province d’Afrique paraissait la mettre à l’abri des invasions ; on voyait donc s’écouler vers cette terre tous ceux que l’insécurité de l’Italie et la ruine de Rome portaient à s’expatrier. C’étaient les plus grands noms du monde qui venaient ainsi confier leur misère et leur rancune à l’Afrique, d’où quelquesuns, pris de panique, fuyaient plus loin encore, jusqu’en Orient. Ce spectacle, ces récits, ces plaintes créaient une atmosphère d’hostilité et d’opposition à l’égard du christianisme, et on ne se cachait plus de sympathiser avec les adversaires. L’objection était posée, il fallait y répondre 1 2.
« Saint Augustin était alors le plus grand personnage, non seulement de l’épiscopat africain, mais de toute l’Eglise. Depuis les apôtres, personne n’avait joui, parmi les fidèles, d’une aussi grande autorité. C’était l’opinion commune qu’il avait des lumières de tout, et qu’il était capable de résoudre les problèmes les plus obscurs. Aussi voyons-nous qu’on lui écrivait des parties du monde les plus éloignées sur les ques-