S. Augustin, Sermo CCXCVI
2. H. Reuter, Augustinische Sludien, in-8°, Gotlia, 1887, p. 106-152; Die Kirchliclie « Das Reich Gottes » Vornchmlich zur Verstandigung ïibcr de Civitate Dei, 1. XX, c. 9.
tions les plus diverses. On peut dire que, de sa petite résidence d’Hippone, il surveillait la chrétienté entière, raffermissant les âmes ébranlées, éclairant les consciences incertaines, conseillant les faibles, encourageant les forts, combattant les rebelles. Ses admirateurs le comparaient au pilote qui conduit pendant l’orage et.parmi les écueils, la barque du Christ. Les attaques que depuis la prise de Rome, les païens dirigeaient contre l’Eglise, ne pouvaient échapper à un œil aussi vigilant. Aussi a-t-il soin d’y répondre dans tous les sermons qu’il a prononcés à cette époque. L’insistance qu’il met à le faire, malgré l’avis des timides qui croyaient qu’il valait mieux ne rien dire et ne pas entretenir des souvenirs fâcheux ] , la chaleur avec laquelle il cherche à prouver que le christianisme n’est pour rien dans les malheurs de l’Empire, montrent qu’il se rendait compte du danger que ces reproches faisaient courir à l’Eglise. Bientôt même il ne lui parut plus suffisant de parler à quelques fidèles, dans un coin obscur du monde chrétien. Il résolut de s’adresser à la chrétienté tout entière, et composa la Cité de Dieu1 2. »
Ce lut le plus vaste travail de sa vie. il le commença en 413 et ne l’acheva qu’en 426. La manière dont il traitait son sujet importe moins à l’histoire que le choix qu’il avait fait de ce sujet; le temps qu’il y consacra, l’étendue qu’il lui donna nous disent assez l’importance qu’il y attachait. La discussion est conduite pied à pied, et, comme bien l’on pense, l’auteur est assez de son temps pour ne demeurer jamais sans réponse; il est souvent difficile de n’être pas de son