‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 52 sur 245 · Sermo CVI · texte numérisé non relu

Sermo CVI

2. G. Boissier, La Fin du paganisme, in-12, Paris, 1898, t. H, p. 309.

avis. Le succès du traité, — et ce n’était qu’un début, car les cinq premiers livres parurent d’abord, — le succès fut grand et universel : « J’ai lu vos livres tout d’un trait, écrivait à l’auteur Macedonius, vicaire d’Afrique. Ce ne sont pas là de ces œuvres languissantes qui permettent qu’on les quitte. Les ignorants eux-mèmes, quand une fois ils en ont commencé la lecture, sont forcés d’aller jusqu’au bout, et, lorsqu'ils ont fini, ils recommencent’. »

Suivant une tactique que nous avons montrée chez Tertullien, saint Augustin passa de la défensive à l’offensive. Après l’illustration du christianisme vint l’attaque à fond du paganisme ; ce fut le sujet de cinq nouveaux livres. Ce coup fut le dernier qui frappa la vieille religion. « Après la Cité de Dieu, on jugea le combat terminé et la victoire définitive1 2. » Ce qui, outre l’érudition approfondie dont ils sont remplis, donne à ces livres VI°-XC de l’ouvrage une partie de leur importance, c’est que l’évêque d’Hippone parlait de choses encore vivantes ou qui venaient à peine de mourir. Ce serait une erreur de croire que la victoire du christianisme ait eu des résultats instantanés. Le paganisme se soutint longtemps et au temps de sa jeunesse, saint Augustin l’avait encore pu voir dans tout son éclat. II. raconte que pendant son séjour à Carthage en qualité d’étudiant, il assistait aux jeux donnés en l’honneur de Dea Caelestis, il suivait les processions de la Mère des Dieux, il y avait vu les galles, la figure fardée, les cheveux humides de parfums, parcourir les rues et les places avec des attitudes de femmes et chantant des chansons obscènes 3.

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