Code Just-, XII, 1, 146, cf. XI, xvm
h. Ibid., II, xiv, De liis qui potentiorum nomina in lilc praetendunt aut titulos praediis adflgunt. Cf. S. Augustin, Enarr. in Ps. A XI: De Rossi, Bull, di ardu crist., 1874, fasc. 2. C. Lécrivain, o p. cil., p. O'i sq.
avec l’État. D’ailleurs les anomalies les plus étranges semblent préoccuper à peine les hommes de ce temps, comme on peut s’en convaincre en voyant les empereurs chrétiens continuer de décerner ou de faire décerner les honneurs divins à la mémoire de leurs prédécesseurs ' et s’accommoder des grands sacerdoces de même que leurs sujets catholiques briguent le flaminat 2.
Il semble que les Juifs du iv° siècle soient demeurés aussi peu tolérants qu’ils l’étaient à l’époque où Tertullien dit que les synagogues sont les sources de la persécution 3 * S.. Les Actes de sainte Marciana auxquels, dit Tillemont, « il est difficile de ne pas donner quelque croyance 1 », nous montrent les Juifs jouant un rôle assez vilain. Une jeune fille de Césarée de Maurétanie ayant renversé la statue de Diane est enfermée dans une école de gladiateurs voisine de l’amphithéâtre et de la maison de Budarius 1’ « archisynagogue ». Celui-ci pouvait plonger de chez lui dans le lieu où Marciana était détenue, et un jour un groupe de Juifs se mit à la fenêtre et injuria la jeune fille prisonnière. Elle dit alors : « Que le feu du ciel dévore cette maison! Qu’on ne la puisse rebâtir jamais! Que les pierres qui s’y trouvent entraînent à jamais la ruine des édifices où on les pla-
1. E. Belrlier, Le Culte impérial, son histoire et son organisation, depuis Auguste jusqu'à Justinien, in-8°, Paris. 1891.
2. L. Duciiesn’e. Les Flammes chrétiens et te concile d’Elvire, dans Mé-
langes Renier, in-8°, Paris, 1887. Toute cette question de la ruine du paganisme dans l’Afrique septentrionale a été exposée un peu trop rapide-
ment parV. Sciiultze. Gescliichte des Untergangs des gricchiscli-rômisclien, Heidentums in-8°, Iénj, 1892, t. II. Die Ausgéingc. p. Ui7-165 : Die nordafrikanisclicn Provinzen.
S. Scorpiacc, 10.
h. Tillemont, /List, ecct., t. V, p. 263; E. Le Blaxt, Les Actes des Martyrs, in-ii°, Paris, 1882, n. 67.
cera 1 !» Le jour du supplice, Budarius et les Juifs excitèrent les païens contre la martyre2, mais il paraît qu’ « au moment où l’âme de la pieuse vierge sortit de son corps, à ce moment même, la maison du blasphémateur Budarius, avec tous ceux qui s’y trouvaient, fut dévorée par un feu divin. Souvent, ajoute le rédacteur des- Actes, les Juifs ont tenté de reconstruire cette maison, et elle est toujours retombée en ruines. Et même, bien des gens qui avaient amassé des pierres pour cette construction, ont cru les porter bien plutôt pour leur sépulture. Aujourd’hui s’appesantit sur cette maison l’éternelle malédiction de la martyre bienheureuse, malédiction qui doit durer à jamais 3 4 5 6 ». Un document de la fin du ive siècle nous apprend que les Juifs de Tipasa avaient aménagé une synagogue dans l’ancien temple du Dragon, mais elle dut n’avoir que peu de temps cette destination, car elle fut transformée en église chrétienne Nous retrouvons en Afrique les prescriptions qu’on regrette de rencontrer dans presque toutes les provinces. Deux constitutions impériales qui, à ce que nous apprend leur texte même, ont été affichées à Carthage, sont destinées l’une à protéger les Juifs convertis au christianisme contre les mauvais traitements de leurs anciens coreligionnaires 3, l’autre à interdire aux Juifs la pratique de la circoncision sur leurs esclaves chrétiens
1. Acta Marcianac, 4. Ou voit que nous sommes à l’époque des déclassements d’édifices et des matériaux de remploi.