Code Théod., XVI, v
Leur soudaine expansion en Afrique attira sur eux l’attention. Au début du v° siècle, chassés de Milan et de Rome 1 , ils étaient venus en grand nombre s’établir en Afrique où le péril causé par leur présence semble avoir provoqué peu après une législation exceptionnelle. La première loi portée contre les Manichéens d’Afrique, est adressée à Dominator, vicaire de la province. Elle condamne ces gens nuisibles dont les assemblées exécrables ont été ajuste titre interdites et qui le seront avec plus de rigueur encore2. Les sectaires doivent être recherchés, produits en public et ceux qui leur donneront asile seront châtiés sévèrement. En 407, nouvel édit qui renchérit sur les précédents :i, suivi d'un autre qui promet le pardon à ceux qui entreront dans l’Eglise l.
Il faut reconnaître que ces rigueurs étaient justifiées par la dépravation des sectaires. La classe des initiés, les élus ainsi qu’on les appelait, s’abandonnait à des turpitudes inexprimables. Un groupe arrêté à Carthage, et dans lequel se trouvaient deux femmes, Marguerite et Eusébie, fit des aveux qu’il est impossible de transcrire 3 4 5 ; et ce n’était pas là la débauche de quelques pervers, mais une pratique rituelle dont s’avouèrent coupables d’autres sectaires 6.
La nécessité de signaler les membres d’une religion à ce point avilie était vraiment évidente. Il y