S. Augustin, Êpist
2. Confessiones, V, 5, 6. Faustus ayant été exilé dans une île, obtint dans la suite la permission du retour. Contra Faustum, V, 8.
Faustus fut relégué dans une île et la secte jeta son dévolu sur un habitant d’Hippone, nommé Félix, avec lequel l’évêque d’Hippone discuta publiquement sur le manichéisme, non sans l’avoir bien rassuré à l’avance contre toute vivacité de l’auditoire et même contre les exigences des édits F II avait d'ailleurs une indulgence, presque un faible, pour les sectaires dans les rangs desquels il s’était trouvé jadis : « Que ceux qui n’ont point participé à vos erreurs, leur disait-il, se montrent sévères avec vous. Pour ma part je ne saurais vous traiter avec aig’reur, vous que je dois supporter maintenant comme mes proches ont eu à me supporter. 1 2 »
Que le manichéisme ait eu des partisans en Afrique, rien d’étonnant; mais qu’il eût conquis, retenu et relativement satisfait le plus grand des Africains , n’est-ce pas une chose bien surprenante? Ce qui serait surprenant serait que pendant la période de sa vie qui précéda sa conversion, saint Augustin avec la rectitude, la sûreté et la culture de son esprit, n’eût pas traversé le manichéisme. Libre de toute attache confessionnelle, dégagé de toute croyance comme de tout préjugé et même de tout parti, il n’a pu ne pas voir que le fond de « la question du déisme, du spiritualisme, c’était la question de l’origine du mal dans le monde, que là était le nœud de tout débat et le point où toute discussion philosophique ramène. C’est parce qu'il y a du mal sur la terre qu’on croit en Dieu, et c’est parce qu’il y a du mal sur la terre qu’on en doute; c’est pour nous délivrer du mal qu’on l'invoque et c’est comme Bien