‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 69 sur 245 · S. Augustin, Episl. CLXX1-CLXX1II · texte numérisé non relu

S. Augustin, Episl. CLXX1-CLXX1II

un synode romain, Innocent Ier condamnait Pélage et Célestius jusqu’à rétractation de leurs erreurs. On pouvait croire que cette rapide solution allait tout finir, il n’en était rien. Innocent mourut en mars 417 et ce fut à son successeur Zozime que fut remis le Libellas fidei, dans lequel Pélage tentait de se justifier L A ce moment, Célestius, chassé d’Éphèse, se rendit à Constantinople où il fut condamné par l’évêque Atticus. De là il accourut à Rome et présenta à son tour à Zozime un Libellus fidei1 2. Le nouveau pape était assez favorablement disposé en faveur de Célestius, il se laissa tromper par les protestations mensongères de l’hérétique et, tout préoccupé de lui faire justice, prêta une attention excessive aux accusations portées contre les accusateurs de Pélage, deux évêques gaulois, Héros d’Arles et Lazare d’Aix. L’évêque Jean de Jésusalem, qui avait innocenté Pélage en 415 dans un synode diocésain, avait laissé le siège de Jérusalem à Praïle, non moins bien disposé que lui pour l'hérésiarque. Cet évêque envoya sur ces entrefaites une justification de Pélage au pape Zozime. Celui-ci renouvela la cause dans un synode romain et obtint de Célestius une condamnation formelle de tout ce que condamnait Innocent Ier. Le pape, au comble de la joie, s’empressa d’écrire aux évêques d’Afrique, non pour les féliciter de leur zèle, mais pour les blâmer de leur précipitation, approuver les déclarations de Célestius et de Pélage, et demander l’envoi à Rome de leurs accusateurs (septembre 417) 3.

Le coup était rude pour des Africains. Heureuse-

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