‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 77 sur 245 · S. Augustin, Epist. LXV · texte numérisé non relu

S. Augustin, Epist. LXV

2. La délégation romaine arriva à Carthage dans J'hiver de 418. line paraît pas qu’un concile fût assemblé à cette époque. Celui du 1er mai de cette même année était certainement terminé. Il y a donc lieu de soupçonner un commencement d'entente entre Rome et Carthage au moment où le Concile était réuni. Mou savant ami, le P. Chapman, dit à ce propos, p. 102 : il is further possible tlmt tlic canon ivas not spontaneous, but was actually sugyested or ordered by tlie Pope liimsclf. Je serai encore moins affirmatif, je crois simplement que l'on s’était pressenti de part et d'autre, et que les évêques africains furent bien aises d’adopter une rédaction fort nette qui engageait définitivement la solution en leur laissant le beau rôle dans l’affaire. Pour tout le détail de l’affaire, les allées et venues, il faut recourir à la dissertation du P. Chapman.

formes à ceux de l’Église de Rome. On produisit les originaux et le légat Faustinus put se convaincre que c’était avec une indubitable bonne foi que les évêques africains déclaraient ignorer les décrets du concile de Sardique qui s’étaient additionnés à Rome aux canons du concile de 325. Il n’en résulta pas moins un nouvel embarras. Le pape ayant fondé ses prétentions sur des canons dont la teneur différait de ceux des Africains, on voit tout de suite que la conciliation s’en trouvait fort retardée. Ces prétentions papales étaient exposées dans les instructions remises aux légats qui en donnèrent lecture au concile : Elles comportaient quatre articles concernant : 1° les appels à Rome des évêques ; 2° les allées et venues trop fréquentes à la Cour; 3° la nécessité de remettre aux évêques voisins le jugement des prêtres appelant du jugement des évêques de leur province; 4° la menace d’excommunication contre Urbain de Sicca, s’il maintenait la mesure qui avait frappé Apiarius.

Le pape revendiquait donc un double droit : celui de connaître, comme évêque voisin, les jugements rendus en Afrique; et de recevoir, comme pape, les appels des évêques. Ces revendications étaient fondées, disait le commonitorium du pape à ses légats, sur le canon de Nicée qui règle les appels des évêques ; or le texte dont on donnait lecture manquait dans tous les exemplaires africains dont les copies en langue grecque avaient été collationnées, ainsi que le lit aussitôt remarquer le célèbre ami de saint Augustin, Alypius de Thagaste. Il demanda au primat d’envoyer confronter les copies africaines avec celles qui se conservaient dans les églises de Constantinople, d’Antioche et d’Alexandrie. Jusque-là on

se conformerait aux textes romains. On ne pouvait être plus déférent. Le 30 mai le concile se sépara. Le 6 du mois de novembre 419, les délégués rapportèrent quelques exemplaires des canons de Nicée, avec des lettres de Cyrille d’Alexandrie et d’Atticus de Constantinople. Les canons cités par le pape Zosime ne s’y trouvaient pas, l’incident était clos b

11 se rouvrit quatre ans plus tard. Apiarius, qui exerçait son ministère à Thabraca, retomba dans les mêmes fautes que par le passé et fut déposé aussitôt. Il s’adressa encore au pape 1 2 qui écrivit en sa faveur aux évêques d’Afrique et l’on vit revenir le légat Faustinus, plus tranchant que jamais, exigeant l’annulation de la décision prise contre Apiarius. Les évêques n’en tinrent aucun compte et examinèrent la cause jusqu’à ce que l’accusé avouât, le troisième jour, le crime qui lui était imputé. Le rôle de Faustinus était terminé et on fit savoir au pape qu’on ne supporterait plus désormais un homme à ce point arrogant et intraitable. Quant au fond du débat, on pouvait le considérer comme devenu favorable aux prétentions des évêques africains. Ceux-ci, avec une modération soutenue, concluaient la discussion par une lettre au pape dont le ton ferme et respectueux ne se départait pas delà mesure dans laquelle la discipline générale de l’Eglise voulait qu’ils se tinssent3. Toute une partie de l’Eglise d’Afrique, les

1. Sans doule les collections canoniques conservées à Rome contenaient déjà une inadvertance qui fut la cause de tout ce désaccord. Sur les anciens exemplaires où trouve encore les canons de Nicée et de Sardique écrits à la suite les uns des autres sous un titre et avec une numération unique. Cf. Héfélé, Hist. des Conciles , 1. 1, p. 348.

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