Ibid., I
§ III : (pour dix lignes) sollicüudine infantis...., sollicitucline infantis...., sollicita pro eo...., taies sollicitudines... § VI : sollicüudine infantis.
S III : paucis diebus... in ipso spatio paucorum dîerum... post paucos dies... paucis horis.
g VI : et doluil mihi casus patris mei...., sic dolui pro senecta eius misera.
g V : ego dolebam causant patris mei... g VII: et dolui commemorata casus eius... g IX : ego dolebam pro infelici senecla eius.
Saturus n’est pas plus inventif : il emploie dixi, dixit, dixerunt, en tout onze fois, jamais il ne varie, tandis que Perpétue fait usage de inquit, respondi. Chez lui on trouve encore, g XI-XIII : taie fuit quasi, laie fuit quasi, taie erant quasi ; — sic quasi, sic quasi, — sine cessatione, sine cessatione ; — cum admircttione, cum admiratione ; — viridarium, viridarium, viridarium.
Il semble donc que la formation intellectuelle de Perpétue, jeune fille libre que son mariage fera matrone, ait été assez médiocre. Contrairement à ce que produisent l’accumulation et la variété des expériences journalières, les noms ne se sont pas multipliés, partant les idées ne se sont pas circonscrites, Perpétue en est demeurée aux caractères très généraux et aux qualités générales. Il ne semble pas que la hiérarchie des choses ait produit quelque impression sur cette admirable femme; elle a gardé son cerveau et son langage d’enfant. Son vocabulaire très restreint comporte des noms jouissant d’une prépondérance marquée et d’un sens vague, ainsi qu’il arrive dans le langage enfantin. Certains membres de phrases sont stéréotypés, un même mot est affecté à toute une classe de sentiments. Le fragment laissé par Saturus n’autorise pas des conclusions aussi précises, il est trop peu étendu. Néanmoins la similitude est assez sensible entre l’un et l’autre pour
faire soupçonner un système commun d’éducation. L’àge de Perpétue — 2 2 ans — en fait presque encore une écolière. Tite-Live parle d’une jeune fdle, déjà fiancée, se rendant à l’école sur le Forum 1 ; Martial montre « les grandes filles et les braves garçons » assis sur les mômes bancs autour d’un même maître2. Une peinture découverte à Herculanum montre garçons et filles réunis sur les bancs de la même école. 11 semble donc légitime , au point de vue littéraire et pédagogique, de considérer les récits de Perpétue et de Saturus comme des compositions d’écoliers africains parvenus au terme du ratio studiorum.
On s’exerçait aussi dans les écoles à composer des vers latins! « Voyez, écrit Tertullien, ce qu’on fait aujourd’hui! On prend un passage de Virgile, on le met sens dessus dessous; on traite le sujet du poète avec d’autres vers, ou avec ses vers un autre sujet. C’est au point quTlosidius Geta a rempli toute sa tragédie de Médée avec le suc de Virgile. Un de mes parents occupe ses loisirs à des ouvrages analogues. Par exemple il coud des lambeaux du même poète de façon à former un tableau de Cébès 3. » En vain les grands esprits essayent de s’accrocher aux débris de la belle civilisation antique et de se soulever au-dessus de la stérilité de ces divertissements littéraires; ils sont si peu nombreux, si éloignés parle temps les uns des autres qu’ils ne peuvent s’appuyer, ils se sentent seuls et tout leur effort va à s’enfoncer moins profondément et moins vite que le vulgaire dans la décadence. Quant aux autres, on ne saurait les désigner plus clairement, ils ne comp-