‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 80 sur 245 · Vita Augustini · texte numérisé non relu

Vita Augustini

L AFIUQUE CHRÉTIENNE.

temps postérieurs, lorsque les écrits de saint Augustin provoqués par l’erreur de Pélage exercèrent leur influence en dehors de l’Afrique. La doctrine nouvelle sur la grâce était plutôt à l'usage du clergé d’Afrique que du peuple. Celui-ci demeura toujours assez froid sur ces questions qui le dépassaient.

Un personnage du nom de Morgan, moine irlandais ou écossais, vint à Rome vers l'an 400. Influencé par Rufin le Syrien, disciple de Théodore de Mopsueste, il exposa et répandit une doctrine qui est non seulement la négation de l’ordre surnaturel, mais l’indépendance absolue de la liberté par rapport à Dieu. Cette doctrine et sa réfutation par saint Augustin ont eu une importance capitale dans l’histoire du développement dogmatique. Le système de saint Augustin sur la grâce et le gouvernement divin de la liberté a été diversement interprété et son auteur ne paraît pas être arrivé du premier jet à l’expression définitive. Pélage fut doublé par un ancien avocat devenu moine, nommé Celestius, et tous deux ayant quitté Rome en 410, après le pillage par Alaric, débarquèrent en Afrique où Pélage demeura peu de temps 1 . Dès l’année 412, les Pères du Concile de Carthage condamnèrent six propositions de Celestius qui leur furent dénoncées par le diacre Paulin de Milan 2. Celestius refusant de se rétracter fut excommunié, en appela à Rome et, au lieu de s'y rendre, se retira à Éphèse.

1. S. Augustin, De gestis Pclagii , 0(>; H. Reuter dans Auguslinisclie Sludien, p. 006. Die Lehre von der Kirche und die motive des pclarjianischen Streits , p. 07-105. Zur Fraye nach dem Vcrhàllnis der Lettre von der Kirche zu des Lehre von der prüdestinatianisches Gnade.

2. Marius Mercator, Commonitorium super nomine Celeslii; M a nsi, Conc. ampliss. coll., t. IV, col. 290; S. Augustin, De gratia et peccato orit/inaliA. II, 2-0.

Les théories de Celestius, plus radicales que celles de Pélage, tendaient à insinuer l’inutilité du baptême et l’acquisition de la vie éternelle par les enfants non baptisés. Ce qui était plus grave, c’était l’affirmation que notre libre arbitre demeurait intact et tel qu’il était en Adam avant la faute. Le vice et la vertu étaient donc l’effet d’un effort personnel. Augustin n'avait pas assisté au concile de Carthage, mais il entreprit, à la prière de Marcellinus, de réfuter l’erreur de Celestius. Il le fit en 412 dans deux traités, le De peccatorum meritis et remissione et le De spiritu etlittera; en 415, dans le De perfectione justitiæ. La même année il réfuta encore Pélage dans le De naturel et gratia. L’année suivante on apprit qu’un Synode réuni à Diospolis (Lydda) pour juger Pélage, l’avait admis à la communion catholique. Jusqu’à ce moment l’Afrique s’était peu occupée de l’hérésie pélagienne, mais à la nouvelle de l’événement de Diospolis, un concile tenu à Carthage (416) renouvela la condamnation de 412. Cependant il importait que cette condamnation prévalût sur le jugement de Diospolis et on pouvait redouter que ces deux actes, venus de deux Eglises, ne parussent rien décider. Le concile de Carthage comprit que l’affaire ne pouvait être tranchée que par une sentence de l’Évêque de Rome, ils envoyèrent donc au pape Innocent une lettre très détaillée L La même année, les évêques de Numidie réunis à Milève prirent une décision semblable 1 2 et envoyèrent eux aussi leur lettre synodale à Rome, tandis qu’Augustin, Aurèle et trois autres évêques informaient le pape d’un bruit fâcheux qui courait

1. S. Augustin, Epist. CLXXV; Ma.nsi, op. cit., t. IV, col. 321.

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