Ibid
à mourir il y eut défense de leur donner des successeurs.
Il semble que la persécution ait produit en Afrique quelques-uns de ces heureux effets dont Salvien déplorait l’absence en Italie, en Gaule et en Espagne. Suivant Victor de Vite qui a pu savoir quelque chose de précis, une sorte de renaissance de la vie chrétienne et de la vie morale se serait manifestée alors; à tel point que la parole du livre des Actes semblait recevoir une fois de plus son application : Plus on les persécutait, plus leur nombre se multipliait.
Nous savons que les ariens, ne trouvant pas sans doute dans la persécution les recrues qu’ils souhaitaient, se livrèrent au prosélytisme. Le roi lui-même s’y efforçait non sans s’attirer, dans son nouveau métier de convertisseur de plaisantes mésaventures 1 . Toutefois il est probable que .Geiserich laissa plus ordinairement le soin de traiter les questions théologiques aux évêques ariens de son entourage. Dès l'année 440, il recommença la guerre contre l’Empire et dirigea une expédition contre la Sicile, où il mit le siège devant Palerme 2.
On voit que le voisinage des Vandales avait enfin secoué un peu la torpeur dans laquelle les empereurs s’endormaient. Une Novelle, datée du 23 février 440, frappe d’une contribution d'un douzième prélevée sur l’exercice de l’année suivante toutes les terres de la couronne, les terres d’Eglise et les biens-fonds des
1. Ibid., I, 6. Épisode du comte Sébastien, gendre de l’ancien comte d’Afrique, lioniface, vers 440. Cf. L. Schmidt, op. cil., p. 71.
2. Prosper, Chronicon. C’est par erreur que la chronique d’Alexandrie place cette expédition en A39. Pour l’expédition de Majorien, cf. Bcry, Ilislory of llie latcr roman Empire, London, 1889, I, 2!i0.
particuliers1; une autre Novelle, datée du 24 juin, autorise chaque individu à se pourvoir d’armes et l’exhorte à courir sus à l’ennemi partout où il se présentera; en outre chaque particulier demeurera maître du butin qu’il aura fait2. T’expédition eut de médiocres résultats 3 4 et le défi jeté parut avoir été relevé lorsque, en 441, une flotte envoyée de Constantinople par Théodose II vint faire relâche en Sicile, à destination de l’Afrique. Geiserich eut l’habileté d’obtenir des généraux commandant les troupes impériales qu’ils consentissent à attendre le retour des députés qu’il allait envoyer à Constantinople pour traiter de la paix. Sur ces entrefaites, on apprit qu’ Attila, de connivence peut-être avec Geiserich, menaçait la Thrace et l’Ulyrie; sur-le-champ on rappela la flotte Théodose ayant fait sa paix avec Geiserich, Valentinien III n’avait d’autre conduite à tenir que d’en faire autant; il conclut la sienne en 442 et, aux termes du traité, l’Afrique fut partagée entre les deux princes 5. 11 n’est pas possible de dire avec précision quelle fut la part de chacun, cepen-