S. Cyprien, De lapsis
L'EPISCOPAT DE SAINT CYPIUEN (2'i9-258). 177
moyens ne le lui permettaient pas , brûler sur un autel quelques grains d'encens et faire une libation ^ On remettait alors au suspect une formule blasphématoire dans laquelle il reniait le Christ^. Quand la cérémonie était terminée, on offrait un repas comportant la chair et le vin consacrés aux idoles^. Puis chacun retournait chez soi avec un certificat de soumission à l'édit dûment légalisé.
La soudaine persécution de Dèce jeta l'Eglise d'Afrique dans un trouble et une angoisse terribles. Les fidèles n'avaient que trop hérité du tempérament indigène et du goût excessif pour l'indépendance. De là des partis, des sectes apportant dans leurs discussions toute la fougue, tout l'emportement le mieux faits pour envenimer et rendre irrémédiables des dissentiments dans lesquels il n'est pas aisé de répartir les torts entre les uns et les autT*es. Depuis de longues années, on avait abandonné et même oublié la discipline des jours de persécution. L'édit de Dèce fit l'effet d'un coup de foudre. Grâce à la correspondance de l'évêque de Carthage, saint Cyprien, nous connaissons pour cette ville, plus complètement que pour beaucoup d'autres, les incidents de toute nature amenés par la persécution. Cependant on ignore si le proconsul était présent à Carthage au moment où la population suspecte fut soumise aux épreuves que nous avons décrites ''. Il suffisait d'ailleurs des duumvirsy magistrats municipaux auxquels furent associés, soit dès le début, soit plus tard,