‹ L'Afrique chrétienneChapitre 109 sur 280 · Ibid., 8, 9, 10, 15, 2'i · texte numérisé non relu

Ibid., 8, 9, 10, 15, 2'i

U. Massebieau, Les sacrifioes ordonnés à Carlhaqe au commencement de la persécution de Décius, dans la Revue de l'histoire des religions, jjïnv.-fév. 188^, p. 68.

quelques citoyens notables ^ . La solennité de l'épreuve avait lieu au Capitole^. Là, chaque matin, jusqu'à l'expiration du délai, s'alluma le feu des sacrifices^. Les riches amenaient soit des chèvres, ou des brebis (hostla), soit des bœufs (çictima)^*; les pauvres se contentaient de brûler l'encens. Tous portaient la couronne sur la tête et le voile. Le repas suivait, copieiix et bruyant*

Le nombre des apostats fut immense. Ceux qui avaient succombé n'avaient pas l'excuse de la souffrance ou de la torture menaçante, ainsi qu'il arrivait dans les persécutions antérieures. Cette fois, le respect humain, la peur et, pour tout dire de ce mot si dur, la lâcheté, avaient tout fait. Ce fut parmi les chrétiens d'Afrique une émulation dans l'avilissement. Les magistrats furent contraints de remettre au lendemain des fidèles trop empressés à abjurer ^. On voyait comme une interminable procession traversant le forum ^ et montant les degrés du Capitole "^ ; c'étaient des chrétiens chargés de fleurs, de victimes, d'encens. Tout ce monde se hâtait, se coudoyait, dans son empressement à satisfaire à l'édit. Les riches suivis de troupes d'esclaves, d'affranchis et de colons ^; des mères apportant leurs enfants, et des parents conduisant les leurs par la main ^ ; des maris traînant de force leur femme qui résiste ^". On y vit de

Page 1