‹ L'Afrique chrétienneChapitre 110 sur 280 · Epist · texte numérisé non relu

Epist

lamentables scènes ; des familles divisées ; le fils et le frère conduits en prison tandis que la mère et la sœur vont sacrifier'. Parfois on en vint à la violence ; on vit une femme conduite au temple malgré elle; son mari et ses parents lui tenaient les mains et lui firent jeter de l'encens sur l'autel; la malheureuse se débattait en criant : « Je n'y suis pour rien, c'est vous ^. » Saint Cyprien rapporte qu'un jeune couple avait pris la fuite, confiant un petit enfant à une nourrice. Celle-ci porta l'enfant au temple et lui fit manger du pain trempé dans le vin consacré aux idoles^.

Il y eut pis encore. On vit beaucoup de membres du clergé de Carthage se joindre aux apostats''*. A Saturnum, dans la Proconsulaire, l'évêque Repostus conduisit lui-même au temple une partie de son peuple^. L'évêque d'Assur^, Fortunatus, et deux de ses collègues, Jovinus et Maxime, dont les sièges ne sont pas connus, apostasièrent '^.

Saint Cyprien qui vivait au milieu de tant de tristesses, a rapporté un certain nombre de faits extraordinaires survenus alors à l'occasion des apostasies. Nous n'aurons pas la mauvaise grâce de les mettre en doute. Ceux qui ont pris quelque connaissance du caractère et de la portée intellectuelle de l'évêque de Carthage ne peuvent qu'être persuadés qu'il a dit ce qui est arrivé et qu'il a jugé sainement ce qu'il a rapporté. Des signes non équivoques de la punition

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