Epist
du crime accompli par tant de chrétiens purent inspirer à quelques-uns Fappréhension de le commettre ou le repentir de leur faiblesse. Un apostat, après avoir prononcé la formule blasphématoire, fut frappé de mutisme ^ . Une femme fut prise au bain d'atroces douleurs; dans sa fureur, elle mâchait sa langue qu'avaient souillée les viandes profanes et mourut peu de temps après dans d'horribles souffrances ^. On nommait des apostats devenus démoniaques ou fous^. Certains d'entre eux, espérant que leur crime était demeuré inconnu des fidèles, essayaient de se joindre encore aux frères et de participer à leurs assemblées et à leurs sacrements. Une jeune fille qui avait sacrifié expira après avoir reçu l'eucharistie '' ; une renégate vit sortir une flamme du coffret où elle conservait le corps du Seigneur ^. Un apostat tendit la main pour recevoir l'eucharistie et la porter ensuite à sa bouche ; au moment de la consommer il ne trouva plus qu'une poignée de cendres^. Il n'y eut pas jusqu'à cette pauvre enfant que sa nourrice avait souillée en lui faisant boire le vin idolâtrique qui ne parût rejetée par Dieu. Tout le monde ignorait la participation matérielle au crime de la nourrice. Lorsque celle-ci l'apporta à la réunion des fidèles, l'enfant s'agitait, paraissait mal à l'aise ; quand le diacre s'approcha de lui avec le calice contenant le vin consacré , l'enfant détourna le visage et ferma résolument sa petite bouche; le diacre s'obstina, ouvrit de force les lèvres