Inter Cypr.) Epist
clameurs divines, par lesquelles je sais que tu l'as vaincu ^ » Sa véhémence et peut-être sa jeunesse le sauvèrent. Après avoir passé dix-neuf jours étendu immobile sur le sol de la prison^, les pieds engagés dans les ceps, épuisé de faim et de soif ^, le corps tuméfié et les membres brisés des suites de la torture^*, Célérinus fut remis en liberté. Dès le printemps de l'année 250, il rentrait à Carthage, où saint Cyprien l'admit dans la cléricature avec le grade de lecteur ^.
L'héroïsme des Romains stimulait celui des Carthaginois. Saint Cyprien nous apprend que l'exemple donné à Rome fut le signal de la résistance dans sa propre Église ^. L'administration romaine avait, cette fois encore, provoqué ou accepté tacitement le concours de l'émeute. A la suite d'un mouvement populaire, le prêtre Rogatianus et un laïque nommé Felicissimus furent saisis et emprisonnés '^, puis on entassa pêle-même tout ce qui tomba sous la main, clercs, laïques, femmes, enfants. Ces malheureux avaient tout à attendre de la pitié des fidèles demeurés libres, et ceux-ci, dont l'évêque avait dû modérer l'emportement de charité, leur fournissaient l'indispensable. Une institution que nous voyons à plusieurs reprises fonctionner dans l'Église de Carthage, la caisse ecclésiastique, était destinée à subvenir à l'assistance des captifs^; grâce à la prévoyance et à