Tertullien, De jejunîo
2. S. Augustin, Brevîculiim collât, contr. Donatist., dies III, c. xni, n. 25.
3. TiLLEMONT, Mcm. Iiist. eccL, t. III, art. III, sur saint Mappalique.
hâtait pas d'arriver au dénouement, on le reculait, au contraire, le plus loin possible; mais par les tourments, par les menaces, par la fatigue d'une instruction criminelle toujours continuée, jamais finie, par l'ennui, les dégoûts et les souffrances de la prison, par les rigueurs de la mise au secret, par une obsession continuelle, le proconsul se flattait d'user la résistance, et de faire tomber le chrétien avant le martyre, comme un voyageur à bout de force tombe sur la route au moment de toucher au terme. Plus d'une fois le calcul réussit. Tel fut le cas de Ninus, de Clémentianus et de Florus. « Malgré leur ardent désir de la mort, on n'avait pas voulu les tuer, et lentement, par des tourments sans cesse répétés, on n'avait point vaincu leur foi, demeurée invincible ; on avait contraint leur chair infirme de succomber à la fatigue ^. » Mais dans cette multitude de prisonniers il y eut place pour toutes les gloires comme pour toutes les misères. Un adolescent, nommé Aurelius, vit finir la persécution sans avoir faibli^; Paul ^, Fortunion ''♦, Bassus ^, Mappalique ^ moururent des suites de la torture. La foule n'avait pu s'empêcher d'admirer la vaillance de ce dernier martyr.
Ceux qui échappaient à ces horreurs étant plus que des hommes, saint Cyprien en faisait des prêtres. Nous avons nommé Célérinus le lecteur; bientôt le clergé de Carthage compta parmi ses membres Numidicus. Celui-ci s'était trouvé, un jour d'émeute,